mercredi 18 octobre 2017

Ben Linder

Ben Linder a gradué de l'université de Washington en 1983. Il adorait faire du monocycle de 5 à 6 pieds et jongler en même temps. Il était fort habile à le faire.

Ingénieur mécanique, il avait été fort impressionné par la révolution sandiniste de 1979 au Nicaragua. Très vite après sa diplomation, il a émigré à Managua, là-bas. Il voulait aider les populations les plus pauvres à se sortir du pétrin.

L'administration Reagan d'alors, au contraire, voyait les sandinistes de Daniel Ortega comme une bande de hippies communistes et était déterminée à annihiler la révolution. Pour ce faire, l'administration Reagan armait secrètement les Contras, afin qu'ils combattent par les armes les sandinistes. Dès 1981, la CIA entraînait les Contras à attaquer. Toujours secrètement. L'une des stratégies importantes des Contras était d'attaquer les agents du gouvernement sandinistes, les cliniques de santé, et les symboles d'évolution. Afin de montrer aux yeux du monde que la révolution n'avait absolument rien de bon.

Linder travaillait afin que le sort de ces gens ne soit que bon.

En 1986, Linder déménage de Managua à El Cua, un village du Nicaragua très près de la zone de guerre. Avec son expérience d'ingénieur mécanique, il aide beaucoup les gens du secteur, à construire un pont, entre autre. Il est adoré de tous. Il participe et coordonne une campagne de vaccination. Il est adoré des enfants et connu de tout le village grâce à son monocycle, sur lequel il monte, jongle et pose parfois un nez de clown pour les faire rire. Il dira que si il le pouvait, il prendrait tous les enfants du coin pour les amener dans un endroit plus sécuritaire que cette zone de guerre.

Linder, à la recherche d'un site de construction afin de créer un nouveau barrage près du village de San José de Bocay, est accompagné de deux nicaraguéens, Sergio Hernandez et Pablo Rosales. À ses parents, il avait dit "C'est formidable de travailler pour un pays où le gouvernement se soucie de tout le monde, d'absolument tout le monde".

Des Contras lancent une grenade contre le véhicule de Linder, Hernandez et Rosales. L'explosion les envoie dans toutes les directions, ils sont blessés mais pas morts. Les Contras s'occupent alors de leur loger une balle dans la tête chacun. Ce progrès socialiste doit cesser. Merci CIA.

Ben Linder avait 27 ans.

Si le sang doit circuler là où la chair et le métal ne font plus qu'un 
Séchant dans les couleurs du soleil de l'après-midi
La pluie de demain lavera les tâches d'hier
mais quelque chose restera dans nos esprits
Peut-être que le dernier acte devait survenir
afin de régler un conflit de la durée d'une vie
Comme rien ne répond de la violence rien ne pourrait
Pour tout ceux nés sous une étoile en colère
Ne craignez pas de vous rappeler
La fragilité de nos êtres 

Écrira pour lui Gordon Matthews Thomas Sumner, dans un des plus beaux morceaux jamais composés.

La mort de Ben Linder éveille les consciences aux États-Unis et ailleurs sur la situation au Nicaragua et ses vicieux jeux de coulisses . Les républicains accuseront la mère de Linder de vouloir politiser le deuil de son fils. L'administration Reagan dira de Ben Linder, ce que Trudeau pourrait tout à fait dire de Joshua Boyle, Caitlin Coleman et leurs trois enfants, soit qu'il avait un peu couru après le trouble. Qu'il avait cherché la mort et malheureusement l'avait trouvée.

Avril dernier marquait les 30 ans de son assassinat.
Payé par la CIA.


mardi 17 octobre 2017

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable********************Music For The Masses de Depeche Mode

Chaque mois, vers le milieu, je vous entretiens de mes impressions et/ou de la petite histoire autour d'un disque que j'ai tiré de ma collection. Un disque qui m'a touché.

La chronique tire son titre de 4 albums que je connais par coeur et dont chaque note, chaque mot est inscrit dans mon ADN.

Par ordre de création:
"Blonde on Blonde" de Bob Dylan
"The Idiot" d'Iggy Pop
"Low" de David Bowie
"The Unforgettable Fire" de U2

B.I.B.I c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot "habibi" qui veut dire "je t'aime" en dialecte irakien.

Musique, je t'aime.

MUSIC FOR THE MASSES de DEPECHE MODE

Rares sont les groupes qui, lorsque j'entend leur musique dans des espaces publics, me ramènent non seulement loin en arrière, mais me font ressentir le même sentiment d'invincibilité qu'à mes 14 ans.

En 1987, j'avais 15 ans. Non seulement le monde était à moi, mais j'en étais le leader. J'étais Gargamel. What? non. Mais ma confiance en moi était inébranlable. En secondaire I, je découvrais Depeche Mode par People are People. Ils avaient nos cheveux, ils avaient nos yeux, ils dansaient comme nous, ils ne définissaient pas nos styles, ils les complétaient et les affirmaient pour nous. On les as tout de suite aimé. Enfin, certains d'entre nous.

En 1987, la musique et l'image ne faisait maintenant plus qu'un. Et une chanson n'était rien sans videoclip pour la soutenir commercialement (cette tendance s'est perdue avec le temps). Les clips de DM étaient toujours fameux. Voire parfaits. Le sont restés.  Et le croisement de la noirceur musicale, des 4 claviers qui leur donnaient une touche moderne et futuriste, et les airs formidables que Gore et compagnie créaient rendait ce groupe un band qui touchait presque le soleil.

L'album débutait avec un morceau immense (encore aujourd'hui) qui était à la fois lourd et animé. Gahan qui chante de manière surréaliste à toute les deux lignes dans le clip, la présence de cette petite voiture, si petite qu'elle semble incomplète, la voix haut perchée de Martin Gore, venant seconder celle beaucoup près de Ian Curtis de Dave Gahan, c'est une chanson encore ennivrante à entendre en voiture. Tout le monde s'est choisi un "best friend" bien à lui pour cette "ride". La chanson devient le second single de l'album, en août 1987. Et ne nous abandonnera jamais.

Le second morceau offre un rythme plus lent dans une combinaison base/claviers extrêmement intéressante. Bien qu'Alan Wilder ait largement contribué à plusieurs morceaux, Martin Gore signe toutes les pièces. Cette ombre deviendra trop grande pour Wilder en 1995, il quittera le groupe.

La chanson suivante sera le premier single en avril 1987. Le clip (parfait encore) a été tourné par le toujours brillant Anton Corbijn et nous montre le haut-parleur comme leitmotiv, haut-parleur qui sera en vedette sur la pochette. Gore et Wilder affirment que le titre de l'album et sa pochette trempaient dans l'ironie puisque leur musique était TOUT sauf de la musique conçue pour les masses et que la pochette le reflétait bien puisque les haut-parleurs pointent vers un endroit qui semble désert.

La chanson suivante a quelque chose de spirituel. L'accent british de Gahan est assez prononcé sur ce morceau. On sent y étrangement la chaleur estivale dans ce morceau. Mais une certaine fraicheur aussi. Étrange. Incompréhensible. Sacré.

La Face A se terminait par un splendide morceau qui sera le quatrième et dernier extrait lancé en clip et pour les radios en mai 1988. Martyn Atkins, qui a produit la pochette de l'album, a aussi tourné le clip. Les métaphores sadomasochistes et le titre qui pouvait évoquer la pédophilie ont fait peur aux radios et la chanson a peu tournée. Dommage, parce que c'était plutôt une ode à l'adolescence, parfaitement maîtrisée.

La Face B commençait par un autre morceau formidable.  Le clip est encore tourné par l'excellent Anton Corbijn. Le son de cap de roue qui tourne sur lui-même au tout début semble lancer le message qu'il faille écouter cette chanson en faisant la vaisselle. Ce que j'ai fait. Très cool. Ma vaisselle n'a jamais été aussi propre, lavée de ma main. Et danser comme je l'ai fait...fallait pas me filmer...Troisième extrait lancé pour les radios. Gros hit.

La chanson suivante est d'une sensualité absolue. DM a même demandé à ces fans de faire des sons de jouissances afin de les mixer et de les incorporer dans le morceau. Très sexy.

La pièce suivante est fameusement produite. Elle a toujours été l'une de mes préférées de l'album. Les références à la religion, aux mauvais choix et à l'auto destruction y sont nombreuses. répétitif sonorement, sombre en mots.

La chanson qui suit est encore pertinente de nos jours. On y questionne la présence de Dieu. Son inertie du moins. Le rien qu'il représente. Et qui détruit tant de vie sur terre. Learn to expect nothing chante Gahan. C'était conçu pour la masse, mais la masse n'écoute pas toujours avec attention.

Le morceau qui ferme l'album est principalement instrumental, Draculesque, dont le titre fait référence à un magazine de la Hitler Youth Organization. Il s'en dégage quelque chose de très sombre. Comme je lis actuellement sur la Seconde Guerre Mondiale, écouter ce morceau en parallèle m'offre une glauque trame sonore à mes lectures.

Pour amateurs de pop, de pop/électronique, de punk/électronique, des années 80, de new wave, de rock électronique, de dance rock, de musique alternative, de sombres ambiances, de danse.

lundi 16 octobre 2017

Parle Moi

Yves Boisvert a souligné quelque chose de fort important la semaine dernière.

L'ivresse, le vertige, le déséquilibre, le tournis du plongeur dans la plus profonde des plongées...

On a beau taxer les gens de cynisme par rapport à la déconnection des politiciens face à la population en général, elle est complètement réelle. 

Trois exemples extrêmement récents:

Philippe Couillard procède à un remaniement ministériel. 
Same old rats with brand new clothes. On a qualifié son remaniement de toute sorte de choses, mais ce qu'on a surtout retenu ce sont trois choses:
1-Les portefeuilles importants sont restés entre les mêmes mains.
2-Le ministère des Transport a été laissé à un jeune parce que les autres ne voulaient pas s'y casser les dents. On ne lui a donc pas donné toute de suite, mais on lui a laissé après au moins deux refus. 
3-On le trouve important parce que plusieurs ont bougé, mais dans un contexte de chaise musicale et pas dans un mode de remplacement. 

Philippe et son équipe voulaient qu'on se rappelle d'autre chose. Ils ont une équipe qui écrit à plusieurs mains des "grandes lignes" qu'ils voudraient bien publier eux-mêmes dans les journaux. Des formules ampoulées comme équipe gagnante, presque parité homme/femme (sans portefeuilles, celles-la), équilibre jeunesse/expérience. Des mots que l'on voudrait donc mettre dans la bouche des journalistes. 

Mais, c'est bête, c'est gens-là ne font pas que lire ce qu'on leur demande de lire, ILS RÉFLÉCHISSENT.
Ces cons.

Et quand ils ont souligné ce que je vous ai souligné plus haut, Couillon a pas aimé ce qu'ils retenaient de son remaniement. Il a pété un plomb. Il a cité Shakespeare. "C'est ça que vous voulez, vous les médias? un peu de chair et un peu de sang?".

Quand un Premier Ministre s'énerve de la sorte, c'est que ça va mal dans la chaumière. 

Si vous vous attendez à ce que les médias ne fasse que lire vos communiqués, à quoi bon câlisse?

À quoi bon le journalisme, câlisse?
À quoi bon le sol si on ne peut jamais y danser, honey?

Prend ta lèvre inférieure, Phil, remonte-là sur ta tête et avale très fort.

Le même jour, Donald Trump disait le plus sérieusement du monde:
"I think it's totally discusting that the people from the media can write absolutely whatever they want..."

Les régimes totalitaires ont salué. 
La liberté d'expression est une très vilaine chose.

Réalise-t-on comment une phrase comme celle de Trump est lourde de sens? Le réalise-t-il lui-même? 

Trump a rajouté que quelqu'un devrait y jeter un oeil. Ce, à quoi un vaillant présentateur de nouvelles à rétorquer, constitution en main: "Yes Donald, you're right, but someone did...". Il s'agit même du tout premier amendement de la constitution des États-Unis, qui interdit le congrès de limiter la liberté de religion, d'expression, la liberté de la presse, ou le droit de se rassembler pacifiquement. 

Parle de ce que tu sais Don.
Oh que tu parlerais peu, mon grand ignorant.

Finalement, au Canada, ils sont de plus en plus nombreux à dire à la fois que le gouvernement honore fameusement sa promesse de dépenser beaucoup d'argent (Traduction: imiter papa en nous plongeant profondément dans une dette pour les années à venir), à la fois qu'il y a assez peu d'adultes autour des tables gouvernementales. Ça peut paraître condescendant, mais on dit qu'on s'intéresse davantage à qu'est-ce qui ressemble à quoi sur les réseaux sociaux, qu'à de réelles problématiques tangibles. 

Oh! il est stylé Justin, mais sans aucune substance. Quand la pauvre Mélanie Joly a été lancée dans la fosse aux lions pour l'enculade l'annonce faite qu'on ne taxerait pas Netflix et qu'on leur donnerait la permission de choisir quoi nous offrir au pays comme contenu, je n'ai vu personne du gouvernement de Justin se tirer devant les multiples balles tirées dans sa direction. 
On la sacrifiait. 
Ce n'était pas à elle de répondre aux questions d'ordre économique. Elle peine tout juste à comprendre ses propres phrases. Elle devait être secondée par au moins un ministre ou deux. Personne sur terre ne semblait être de son bord. Personne n'a de raison de l'être me direz-vous et vous n'aurez pas tort, mais pourquoi l'homme à la langue de bois en chef, Selfie Trudeau, n'y a pas mis son grain de sel?

La langue de Justin est la même que celle de Mélanie. Une langue défensive qui parle de rien et de tout. 

De rien surtout. 

Essayez d'analyser un de ses propos est comme disséquer une guimauve.  C'est mou et duveteux, très sucré, et aussitôt qu'on essaie d'y mettre le doigt, c'est devenue de la bouette blanche. 

Chaque fois que l'on parle, on envoie un message quelque part.

Celui de Couillard, celui de Trump, ceux de Mélanie ou Justin, sont des mots mous lancés dans le but d'épaissir un brouillard qui séparerait leur monde du nôtre.

Nous vous avons élus. 

Parlez nous. 
Sans fumée, svp.
Sans guimauve autour du feu.

dimanche 15 octobre 2017

Aveuglé Par La Science

Le magasin Sears (au Canada) est mort.

Sears aurait eu sa carte de la FADOQ cette année, le magasin à rayon a débuté ses affaires il y a 65 ans (ici) en copiant le modèles des États-Unis, mais ne survira pas cette 65ème année. La dissolution a été clairement annoncée la semaine dernière.

De 1952 à 1984, Sears était une entreprise conjointe avec le magasin Simpsons, deux chaînes de magasin de commerce au détail des États-Unis. En 1978, La Compagnie de la Baie d'Hudson a acheté Simpsons et en 1984, la séparation était totale. En 1999, Sears achetait l'historique chaîne canadienne Eaton.

"M'a aller chez Cyr disaient mes tantes"

La liquidation commence demain. Ce qui sera affreux pour les employés qui verront les gens se tirer dans les achats peu chers, pour de l'argent qui ne se reviendra pas plus dans leur poches à eux.

On a jamais été capable de mettre en place un plan de relance. Déjà en juin, on fermait une soixantaine de magasins. 3000 emplois passaient alors dans le broyeur. Ça n'a pas suffit. Il restait 130 Magasins Corbeil, propriété de Sears, on a vendu Corbeil la semaine dernière.
Sears représentait 12 000 employés, le tiers au Québec, et le pire dans tout ça, est que les employés ne pourront pas recevoir leur plein régime de retraite car il n'y a plus de fonds (au Canada). Ils avaient pourtant contribué toute leur carrière. Comme le régime n'était pas capitalisé, les rendements n'étant pas assez suffisants, un déficit s'est accumulé, ce qui ne n'a pas rendu Sears en mesure de payer 100% des rentes. Ce qui la place dans la position horrible de payer ce qu'ils peuvent à certains et de faire des arrangements avec les autres.

Ce qui est fascinant c'est que Sears Canada est une preuve vivante de la frayeur innovatrice. Sears a inventé (sans le savoir) la vente "en ligne" qui fait aujourd'hui sensation.
Il fût une époque (la mienne entre autre) ou, enfant, on trépignait d'impatience à attendre le catalogue Sears posté chez nous, alors commandé (commandé? sans frais? ou simplement reçu?) par mes parents. Ceux-ci nous demandait de découper ce qui nous intéressait dedans et de le mettre dans une enveloppe pour le Père-Noël. Une fois le concept du Père-Noël éventé, on nous demandait d'encercler innocemment ce qui nous plaisait. Les produits étaient ensuite commandés par téléphone (avec fil). Car le catalogue ne contenait que des photos de produits que nous ne manipulions aucunement. Et c'était un cas unique. Commander sans passer en magasin et manipuler sous tous ses angles ce que l'on achetait était 99.9% la norme.

Sears était Amazon, EBay, Alibaba avant l'heure.

Et pourtant, ce catalogue n'a jamais suivi le virage numérique. L'entreprise en a eu peur. On a craint le numérique. On a pas cru à la technologie. On a fui face aux lumières, jugées aveuglantes, de la science.
Mauvais jugement.

L'assaut de tous les commerçants en ligne des États-Unis a creusé la tombe de Sears qui a regardé passer le train. Sans réaliser qu'il déraillait lui-même. C'est une large page d'histoire du commerce de détail canadien qui se tourne. Ça fera de nouveaux trous dans les centres d'achats. Centre d'achats dont le concept devient de plus en plus moribond.

Encore récemment, je circulais dans un petit mail dans mon secteur, croisant des étudiants, séchant leur cours et flirtant entre eux, et le club de petits vieux plus loin, toujours au même endroit, à jaser entre complices. Ils étaient la seule forme de vie dans un complexe aux boutiques vides qui peinent à ne pas cacher qu'ils ne sont que des entreprises de couverture pour la Mafia. Boutiques espacées par de nombreux trous qui changent d'appellation de commerce année après année. Un comptoir d'emballage de cadeau, entre autre, loue chaque année un espace, puisqu'il y en a toujours, dans le temps de Noël pour y emballer les cadeaux des mauvais emballeurs (moi).

Les centre commerciaux sentent la mort. Ce sera le décor de fameux films dystopiens ou post apocalyptique dans 10-12 ans. J'y pense tout le temps.

Place Fleur de Lys, dans le Québec de mon enfance, a perdu coup sur coup les magasins de La Baie, la pharmacie Brunet et perdra maintenant Sears.
El Ran, le fabricant de meubles Québécois, perdra 772 704$ avec la fermeture de Sears. Mode Maison Héritage, qui fait entre autre de la literie, perdra 1,7 millions.

Période noire pour les commerçants frileux des progrès technologiques.

Ironique quand on pense qu'il y a 100 ans, c'était Sears qui créait la copie carbone de ce qu'allait devenir Amazon et ses semblables.


samedi 14 octobre 2017

Ceci n'est Pas l'Amérique

Je ne reviendrai pas là-dessus.

Mais reviendrai encore sur Donald Trump.

Je deviens peu à peu obsessif sur la bête.  C'est que le cancer se propage. Et face au cancer, faut toujours lutter. La bouffonerie n'est pas sans conséquences. On commence à en ressentir drôlement les effets.

Dans tout ce qui concerne la "rénégociation" du traité de libre-échange, on nage en pleine absurdité (tout comme avec Boeing et Bombardier). Trump parle de tout et de rien, laissant planer des menaces creuses, et c'est un peu comme si on parlait du divorce, presque tous les jours, à propos d'un mariage heureux depuis toujours.

Le délire devrait avoir assez duré. Bientôt, ce sera le propre milieu des affaires des États-Unis qui dira à Trump de fermer sa gueule sur le sujet. Le Canada ET les États-Unis font de très très bonnes affaires ensemble. Avec le Mexique, c'est différent. Les États-Unis leur en donne un peu plus et c'est là que Trump sent son orgueil se faire chatouiller. Et comme il est bête comme ses deux pieds. Il menace tout le monde. En guerre contre le monde entier. D'abord avec ses alliés.

Le Washington Post a publié un article intéressant la semaine dernière sur la surenchère des insultes de la part de Trump, qui donne l'impression d'être dans une cour d'école primaire parfois. On imagine mal une époque où des sénateurs obscurs comme Bob Corker (traité de "nain" par Trump cette semaine) soit connu chez nous pour des raisons aussi idiotes. Trump a aussi dit, dans sa grande sagesse, qu'on devrait peut-être organiser un concours de Q.I. entre Rex Tillerson et lui...CHRIST! C'EST TON SECRÉTAIRE D'ÉTAT, GNOCHON!

18 personnes travaillant à la Maison-Blanche, sous le couvert de l'anonymat, ont accepté de parler à des journalistes sur l'atmosphère explosive et instable qui règne en ce moment à Washington.
Trump apparaît, non sans surprises, comme un homme colérique, instable et qui a complètement besoin de détruire autour de lui, même ses collaborateurs et amis, pour mieux asseoir son autorité. On parle beaucoup, on dit même que ça arrivera plus tôt que tard, que Rex Tillerson quitterait son poste d'un jour à l'autre. Après le Breixit, on parle du "Rexit". Le nouveau chef de cabinet, le général Kelly pourrait aussi quitter l'équipe. C'est donc dans les eaux d'un océan d'instabilité que certaines nagent en ce moment.

27 psychiatres importants des États-Unis, ont pour leur part, lancé un livre qualifiant Donald Trump de pur malade mental. La loi Goldwater, adoptée dans les années 70, prévoit qu'un psychiatre qui ne rencontrerait pas son patient ne peut pas poser de diagnostic sur lui. Mais ces 27 psychiatres ont choisi de parler au nom de la sécurité nationale du pays et de la sécurité mondiale, à risque, selon eux, parce qu'un malade mental régnerait en roi et maître dans le bureau ovale.
On parle d'une forme maligne de narcissisme, avec des tendances psychopathes prononcées et un dérangement grave de la personnalité. Il y a des traits de caractères impulsifs évidents, de l'envie de violence et de l'incitation à la violence, qui trempent dans la maladie mentale, ne rassurant personne, les spécialistes en psychiatrie encore moins. Ils estiment qu'il y a danger et se sont sentis obligés de parler.

Ils se défendent bien de faire une action partisane politique, certains sont de fiers républicains, ils ne veulent que faire leur part afin de prévenir les coups.

Ils recommandent même qu'il y ait une équipe de psychiatres, à l'avenir, capable de filtrer de tels candidats, apte à la dérive.

Un peu le contraire de la loi Goldwater. Cette loi avait été appelée ainsi car des psychiatres avait jugé que Barry Goldwater, candidat républicain à la présidence en 1964, était trop instable pour un jour aspirer à la présidence. Ce qui avait été jugé injuste puisqu'aucun d'entre eux ne l'avait rencontré.

Pourrait-on réellement tasser un président de la sorte?
L'article 4 du 25ème amendement a été adopté en 1967, après de longs questionnements suivant l'assassinat de JFK, quand on a réalisé que les règles de successions présidentielles sont apparues poussiéreuses. On a alors décidé que la succession d'un président, vivant,  ne pouvait qu'être fait par le vice-président et une majorité du cabinet, en allant voir le congrès et en demandant qu'il se retire parce que jugé inapte à la présidence.

Plus de la moitié des Étatsuniens jugent Trump inapte pour son poste.

Ces sorties récentes ressemblent à un Coup d'État légal.

Ronald Reagan avait probablement l'Alzeihmer dans les dernières années de son règne. Ça a été très bien couvert et personne n'a alors évoqué de la tasser de son poste.

Est-ce que Mike Pence oserait?

Peu de chances.

Mais une chose reste certaine, amis européens, asiatiques, africains et océaniques.

Ceci n'est pas l'Amérique.

vendredi 13 octobre 2017

La Station du Pouvoir

J'ai beaucoup pensé aux victimes d'Harvey Weinstein depuis deux jours. 

Et au pou Weinstein en soi.

Je me suis questionné sur nos rapports avec le pouvoir.

Celle qui a épousé (puis demandé le divorce hier ou avant-hier) Weinstein a la beauté de celles qui peuvent se trouver les plus beaux maris sur terre. Mais elle avait, de toute évidence marié le pouvoir. Très certainement pas le charme qui se dégageait de l'homme. Qui était resté un garçon.

Weinstein, comme trop d'hommes, était resté un garçon. L'enfant qu'il n'avait jamais eu la chance d'être. L'ado que les adolescentes désirent. Celui qui les fait se pencher les unes sur les autres, pour se murmurer des choses, les joues roses, simplement en passant dans le corridor. Weinstein n'était pas cet ado. Mais il était habité de plein de fantasmes. Comme TOUS les ados. Des fantasmes probablement peu assouvis. 

Quand il a mis toute ses énergies dans les affaires, il a connu beaucoup de succès avec son frère. Il a vite compris que l'argent, ça pouvait être le pouvoir et qui si lui n'était pas nécessairement charmant, il le deviendrait avec beaucoup d'argent. Son frère et lui ont fait beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent. 

Et l'occasion a éveillé le larron. 

Il a assouvi tous ses fantasmes. Avec un abus absolu de pouvoir. 

Toute les bassesses imposées par Weinstein a des dizaines et des dizaines de femmes depuis plus de 30 ans était d'ordre sexuel, oui, mais tout ça a beaucoup à voir aussi avec le pouvoir et le contrôle. Il dominait son milieu cinématographique. Il a monté la barre avec malice, égoïsme, narcissisme et perversité. "Je peux déplacer des montagnes pour mes films, mais voyez aussi avec quoi je réussi aussi à m'en tirer avec les plus belles femmes sur terre!"

Au début de la semaine, je vous disais que je trouvais triste ce qui se passait autour de lui, mais depuis, au contraire, je trouve tout ça assez sain. Les femmes parlent. Sortent de leur mutisme sur le sujet. On décrasse les réflexes du boy's club. O'Reilly. Aubut, Cosby, en le frappant en bas de la ceinture comme ils le méritent, on brise le moule. Et c'est très sain de continuer de le faire. Leurs comportements sont inexcusables. Ils partent tous de la même source: le pouvoir. 

Parlez-en à Bill Clinton. Il l'a fait, parce qu'il le pouvait.

Mais comment lutter contre ce type de pouvoir? Si charmant parfois, mais horriblement vicieux parfois aussi. 

On savait à Hollywood. On laissait glisser des pointes

Pouvait on vraiment se battre contre le géant? Contre un tel pouvoir?

Les femmes sortent et crient leur indignation, mais elles n'y arriveront pas seules. C'est à nous aussi de les seconder dans ces épisodes d'horreurs. De la même manière qu'on ne demanderait pas à un groupe de noirs de régler le problème du racisme à eux seuls, les hommes doivent se comporter en Hommes et oser parler eux aussi, ne serais-ce que confronter les comportements de leurs proches jugés inappropriés, lorsque su. 

Et non regarder ailleurs. 
Puisque certains savaient. 
Hommes comme Femmes.

L'Amérique du Nord a le luxe d'être nettement progressiste en ce qui concerne les femmes, lorsque comparé aux autres femmes du monde. Mais dans des moments comme ça, on en doute. On regresse. On loge chez DSK.

Il est de notre pouvoir, en tant que peuple, de ne jamais faire de nos leaders des hommes du genre. 
Jamais plus. 

Notre rapport au pouvoir doit changer. 

Si ça a pris 30 ans à simplement le pointer du doigt (aucune accusation n'a encore été portée contre lui face à la loi), qu'est-ce que ça prendra maintenant pour noyer de tels réflexes abusifs nés de la "culture des années 60 et 70"?

Au métro de la vie, à la station Pouvoir, on ne voit pas tous la même chose. 

Un homme ne naît pas en abusant du pouvoir. Il l'apprend à choisir de le faire. 

C'est fou comme son explication "qu'il était issu d'une éducation des années 60 et 70..." se traduisait presque comme "I so wish we were still in the 60's , 70's...

Que le ménage continue.

Le garde-robe est plein.