mardi 20 février 2018

Des Araignées Sur Les Étoiles

(à la mémoire de S.J.C. & A.G.)

"This isn't happenning, happenning, happenning, happenning, happenning. It is" - C.O.  

Vivez votre vie comme si c'était votre dernier jour.

Depuis janvier, c'est quoi?
Pas 50 jours encore?`51?

Pas un, mais DEUX de mes cousins, qui n'auront jamais 44 ans, ont été retrouvés morts.

Dans le seul week-end dernier, un de mes cousins, un acteur de Broadway s'est pendu. À 26 ans. Il a été retrouvé par les enfants de sa soeur, ses neveux. On l'avait vu perdre la tête peu à peu depuis quelques mois, vilipendant sur le net sa haine des studios qui lui refusaient des rôles. Puis s'excuser de s'être aliéné bien des gens en publiant des photos de lui en pleine consommation de drogues, en caleçon, en train de faire des gestes obscènes. Puis, ce message plus touchant fin novembre, où il faisait preuve d'humilité en disant que la maladie mentale était un combat de tous les jours et qu'il se sentait mieux maintenant (s'excusant encore d'avoir offensé tant de gens et probablement saboté sa carrière for good).

La veille de la découverte de sa mort, on apprenait aussi qu'une jeune fille de notre entourage, de 26 ans aussi, avait vu jeudi, littéralement le toit lui tomber sur la tête, dans un centre équestre du Québec, à Mirabel. Un toit probablement effondré par l'excès de neige dessus. 45 minutes de trop compressée sur la neige, sous les décombres. Sans respirer. La jeune fille est morte le lendemain matin. Vous l'avez probablement vu/entendu aux nouvelles, gens du Québec. Une horreur. Une voyage avec ses deux soeurs et ses parents se préparaient. Trois belles grandes filles pour un dernier voyage avant qu'elles ne soient des mères trop occupées pour le faire. Le fiancé venait d'acheter en cachette une bague pour la demander en fiançailles. Peut-être pour la demander en mariage là-bas, en voyage. Il est mort lui aussi. Par en dedans. Cette si jolie famille est anéantie. Ils vivent un cauchemar. Public en plus.

43 ans, mon cousin Gregory.
26 ans, mon cousin, acteur à Broadway
26 ans, la jeune cavalière tuée.

Je suis préparé à un jour enterrer mes parents, mes oncles, mes tantes. Mais assez peu à consoler ses mêmes parents, oncles et tantes pleurant le départ de leurs enfants.

Je refuse cet ordre des choses. Ça ne doit pas se passer comme ça.

Gregory ne devait pas mourir.
Notre Jersey boy, notre american idiot, is gone.
Une jeune fille brillante qui avait toute la vie devant elle a disparu de la terre.

Calever.

2018 nous donnera-t-il un break à un certain moment?

Nous n'en sommes qu'au 51ème jour. (48ème au moment d'écrire ceci entre deux larmes)

Vivez votre vie comme si c'était votre dernier jour.
Ces trois jeunes ont trouvé leur dernier beaucoup trop vite.

Mes souvenirs de ce cousin sont peu nombreux. Comme Gregory, qui était du côté de ma mère, mon cousin de 26 ans a vécu principalement en Ontario. 9 ème enfant d'une famille de 9, il avait 20 ans de moins que moi. Je me rappelle de son très jeune âge. Largement gâté par ses 8 frères et soeurs. Si gâté qu'il en était un très rond enfant. Il devait n'avoir que 5 ans. Il avait tant de personnalité, déjà, que lorsqu'on a su qu'il se lançait dans le domaine artistique, incarnant Jack Sparrow dans les croisières, y trouvant une adorable amie de coeur, ça ne nous surprenait pas tant que ça.

Il devait avoir l'âge de mon fils, 18 ans, la dernière fois que je l'ai vu en vrai. À la cabane à sucre, dans un rassemblement familial. Avec sa jolie amoureuse. Qui incarnait Princesse Jasmine en croisière. Ils étaient si beaux tous les deux, si sublimés, que presque personne ne les as trop approchés. On les laissait vivre leur bulle passionnelle et on s'amusait de les voir se chuchoter des choses en ricanant. On leur laissait tout l'espace pour nous mépriser si ils le souhaitaient.

Et à partir de l'automne dernier, les réseaux sociaux nous laissaient voir tout le mépris que notre cousin avait pour le monde entier. Des écarts racistes. De graves erreurs de jugement sur le net. Des colères mal calibrées. Des frustrations qui auraient dû rester sourdes. Du bruit malsain qui laissait croire à un sabotage calculé de sa part de sa naissante carrière. Mais qui était en quelque sorte une descente mentale vertigineuse qui a atteint le fond le weekend dernier. Une détresse qu'on a pas su lire personne.

Il nous avait crié sa mort prochaine et nous n'avons rien entendu. Nous nous sommes même moqué de certains de ses tweets.

"Il a perdu la tête" disions nous.

Oui, justement.

On ne s'est même par cru nous mêmes.

J'ai trouvé de nombreux sites qui s'inquiétaient de son état dès août dernier.
COMMENT N'AVONS NOUS, SA FAMILLE,  RIEN VU????????????

J'ai planté mon regard dans les étoiles, la nuit, dimanche soir,  ce que je fais de plus en plus souvent, pour en savourer l'immensité, comme un oiseau mesurant l'espace de sa liberté.

Et sur les étoiles du ciel, j'y ai vu des araignées.
Ce n'était pas l'endroit. Ni le moment.

Bonne nuit, Greg
Bonne nuit, Scott
Bonne nuit Alex.

Vous ne deviez pas partir.
Vous n'auriez jamais dû partir.

lundi 19 février 2018

Nos 4 Sexes (et un bol)

Ou plus.
David Bowie avait raison en 1975.

Avec les développements récents dans les communautés LGBTQ2, nous avons peut-être beaucoup plus de sexes que nous le pensons sur terre. On prétend vouloir une société moins genrée, mais on ne cesse d'en tracer des lignes genrées. Ou plutôt, peu de gens font la différence entre sexe et genres.

Je suis d'origine atikamekw. Chez les autochtones, il existe clairement, depuis toujours 4 sexes assez clairs. Il y a l'homme et la femme. Puis il y a l'homme féminin et la femme masculine. Ce devrait être comme ça partout. Il est très facile de penser tout de suite à quelqu'un en entendant ces "sortes de sexes". Il est assez facile de savoir qui serait qui.
Homme

Tony Acurso: homme
Magalie Lépine-Blondeau: femme
Manon Massé: femme masculine
Guy Jodoin: Homme féminin

Quiconque me connaît sait que je suis très certainement de cette dernière catégorie: homme féminin. Je ne m'intéresse en rien aux voitures, me trompe encore de voiture dans les stationnements (m'étant même assis dans une, une fois, sans que ce soit la nôtre!), suis parfaitement désintéressé par les outils, le travail manuel ou la mécanique, et suis perpétuellement égaré dans un Canadian Tire. D'ailleurs, quand j'y vais, j'éprouve maintenant une certaine angoisse.
La sollicitation, irritante dehors dans la rue, se fait de l'intérieur chez Canadian Tire. Un français, avec l'accent et tout, nous attends toujours dans un toujours louche complet veston cravate, carte en main et formulaire pour nous faire adhérer à je-ne-sais-trop-quoi-je-n'écoute-plus-dès-qu'on-me-demande-mes-infos-personnelles.
Homme féminin

"Désolé, je ne viens jamais ici, peu importe ce que vous pouvez m'offrir, je ne peux techniquement pas être intéressé".

Ce qui est faux. J'y vais souvent. Toujours dans le même but, exclusif. Celui d'y acheter l'éthanol pour notre foyer de salon. Toujours 1$ de moins. Même si toujours trop cher. Je vais donc au Canadian tire dans l'urgence, connaissant l'allée (25) et le produit que je vais chercher, m'empêchant d'errer dans les livres et les films de l'entrée (homme féminin) qui me séduisent d'emblée, mais qui font aussi de moi la victime errant au pas lent qui ne sait trop ce qu'il veut, peut-être cette carte offerte par le français qui attendait sa proie?
Femme

Je me rends donc dans cet endroit avec un oeil averti pour les mains qui cherchent à se placer sur mon portefeuille et fait parfois de longs détours par des allées que je ne connaissais pas, mais qui me mèneront à la 25, simplement pour éviter le goéland français ou celui ou celle qui fera bientôt une démonstration et nous réservera une "surprise" si on y assiste.

Mais depuis le soir de ma fête, qui était aussi le soir du Super Bowl, j'y ai été plus souvent.

Ce soir là aurait dû être agréable. En famille, heureux, amoureux. Mais il y a avait un fond de tristesse qui planait. Un fond de désolation.
connerie

On a fait une importante erreur à 4.

Monkee a d'abord ouvert le cabinet au dessus du bol de toilette, duquel est tombé un tube de pâte à dentifrice dans le bol plus bas, plein d'urine. (photo). Monkee n'a pas voulu ramasser tout de suite (homme féminin aussi).  M'a montré. J'ai pas voulu ramasser non plus sans gants. J'ai pris une photo, ai envoyé à mes soeurs et à ma mère et à l'amoureuse, ai fait quelques blagues là-dessus avec eux:

"What to do?"
"Surtout ne pas se brosser les dents avec"

Femme Masculine
Et des choses du genre. J'ai cherché les gants, ne les ai pas trouvés tout de suite, ai plus ou moins oublié la chose quand l'amoureuse est arrivée et a dit "va chercher le souper, il est tout prêt et commandé, le super bowl va commencer!". Ce que Monkee et moi sommes allés faire, oubliant la pâte à dents dans le bol et...vous devinez la suite. Punkee d'abord, avec un #1, puis l'amoureuse, avec un #1 aussi, flush, re-flush, re-re-flush. L'amoureuse m'appelle alors que nous revenons avec la bouffe:

"Achète un siphon qui a de l'allure, le nôtre est trop poche, la toilette je ne sais trop, elle ne débouche tout simplement pas..."

"Nooooooooooooooooooooooooooooooooooon! c'est nous qui sommes pwuoooooooooooooches!"

Monkee coupable de nonchalance et de pudeur.
Hunter coupable de nonchalance, distraction, mauvaise communication, pudeur.
Punkee coupable de ne pas jeter un oeil dans le bol ouvert avant d'y faire quoi que ce soit.
L'amoureuse coupable de ne pas regarder son téléphone sur lequel il y avait la photo plus haut et notre convo pendant 4 heures.

Devait se trouver au point noir 
Ça se peut des filles qui ne regardent pas leur téléphone pendant 4 heures? (femme masculine).

Il y avait donc fond de déprime le soir du 4 février dernier. Fête, mais incapable de savourer pleinement tout ça. Combien cette connerie allait nous coûter? un geste qui aurait été aussi long que celui d'ouvrir une lumière. Qui n'aurait demandé qu'à se laver les mains après.

L'amoureuse était la moins coupable des quatre mais avait peut-être fait le plus de mal en flushant maintes et maintes fois. Et si le tube avait franchi le "s" du bol? Dans quoi allais-je jouer?

Moi qui n'ai pas de coffres d'outils chez nous.
Connerie réparée

Bien entendu rien ne s'est opéré pendant 13 jours sur le sujet. Sauf des visites ponctuelles sur le web, au Canadian Tire* pour y acheter un "clog", à la quincaillerie pour y acheter un nouveau "beigne". Un samedi pour me faire chier à gosser là-dessus, coaché par le beau-frère, parce que moi la motivation là-dessus: inexistante.

Ce samedi c'était samedi dernier.

Déboîté la toilette, décoincé le tube dans le "s" (si il avait été plus loin nou$ étion$ cuit$) refixé la toilette.

Libéré d'un lourd fardeau.

Chantant Like a Rolling Stone tout l'après-midi.

Et Gainsbourg chanté par Indochine. Y a plus de 3 sexes.

Parce que je suis définitivement un homme féminin.
Mais n'aime pas ce garçon qui pourrait dire non.
Et je connais plein de filles masculines.
Pas nécessairement lesbiennes.

Il est belle, il est beau décrié
l'outragé, mais j'en ai rien à faire.

La vie me doit un samedi.
Et un anniversaire.



*"Bonjour monsieur vous allez bien?....(voyant ma face non répondante)je...je suis déjà venu vous voir hein?.... désolé!"

dimanche 18 février 2018

Le Système d'Infidélité Présidentielle Controlée

2006.

Party au manoir Playboy. Donald Trump s'y trouve. La jolie Karen McDougal aussi. Bientôt, ils seront corps contre corps. Et ce, de juin 2006 à avril 2007. 9 mois. Donald est marié à Mélania depuis 2 ans.

Donald la voit. Ils font l'amour. Il lui paient ses repas dans un bungalow privé, à l'abri des regards, au Beverly Hills Hotel. Il lui offre de l'argent contre sa relation sexuelle, la première fois qu'ils le font. Il rembourse ses frais de voyage et de déplacements. Le nom de Trump est soigneusement nulle part dans les transactions. Pas d'achats à crédit.

Quand Donald fait de grossiers commentaires racistes, et racontes des obscénités sexuelles sur les amies de McDougall, elle en a assez et met un terme à l'affaire. Don devient candidat à la présidence des États-Unis. Il vide alors sa garde-robe. Il fait signer, en août 2016, à Karen, un document qui l'oblige à vendre les droits de ce qu'elle sait, entre elle et lui, à l'agence American Media Inc., l'éditeur du National Enquirer. Un magazine généralement favorable à Donald Trump. L'exclusivité de ce qu'elle peut raconter sur sa liaison avec Trump est vendue pour 150 000$. Elle croit alors que tout sera raconté dans le National Enquirer.

Mais American Media Inc. est dirigé par David Pecker, un ami proche de Donald Trump. Et si il a donné 150 000$ c'est pour ne jamais en parler sous aucune forme. To kill the story. On dira officiellement qu'on trouvait l'histoire peu crédible (c'est pour ça qu'on donnerait 150 000$, bien entendu...pour ne plus croire en l'histoire finalement...duh!")

Jerry George, ancien éditeur sénior d'American Media Inc. confirme que c'est tout à fait dans les habitudes de l'agence d'acheter des histoires pour les étouffer. Surtout celles autour de Donald Trump, depuis toujours, que les gens de l'agence considère comme un ami. Jamais une histoire sur Trump n'aurait même été publiée sans son approbation directe. Proche comme ça. American Media Inc. toujours pour acheter le silence de Miss McDougall, lui offre des chroniques dans les magazines, sur l'air du temps, le vieillissement, le bien-être et lui promet deux couvertures de magazines.

McDougal regrette vite sa signature. Elle sent qu'elle n'a plus aucun droit. Pas même celui de nommer son nom. Elle accepte de la faire maintenant pour éviter que d'autres femmes soient menottées du genre.
McDougall voulait en parler bien avant, mais pendant la campagne présidentielle, elle a eu peur que cela se retourne contre elle et qu'on menace pour rien sa famille. Sa famille étant religieuse, elle avait peur qu'ils découvrent sont style de vie et en soient blessés.
  Le Wall Street Journal publiera quelque chose de l'affaire 4 jours avant la triste annonce de sa victoire présidentielle. L'histoire ne fait pas de vagues.

Micheal Cohen, avocat personnel de Trump, a déjà confirmé qu'il avait payé l'actrice porno Stormy Daniels 130 000$ pour qu'elle taise sa liaison du même genre avec le grossier personnage. Toujours un peu avant l'élection.

Comme McDougall, Daniels a signé, elle aussi, une entente de non divulgation qui est maintenant jugé non apllicable puisque Cohen a bien confirmé qu'il l'avait payé 130 000$. Pour Karen McDougall, l'émergence du phénomène #Metoo lui donne du courage et la convainc qu'une femme peut en aider une autre en dénonçant ce type de manipulation.

Donald Trump a été accusé par de nombreuses femmes d'affaires extra-conjugales. Il a aussi été accusé par au moins 15 femmes d'inconduites sexuelles incluant l'agression, le harcèlement, les comportements obscènes.

Trump nie tout.

Ce qui nous rapproche de la vérité.

Tout le temps.

Surtout quand il menace de poursuivre les accusatrices, a les moyens de le faire, et ne le fait pas.

Petite parenthèse de la crosse Étatique.

De l'agenda du pénis présidentiel.

Des clauses contractuelles charnelles présidentielles.


samedi 17 février 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable******************Deep de Peter Murphy

Chaque mois (vers le milieu) tout comme je le fais pour le cinéma (dans les 10 premiers jours) et pour la littérature (dans les 10 derniers), je vous entretien d'un album de musique qui m'a beaucoup touché et je tente de vous expliquer comment.

Le titre de ma chronique est inspiré du nom de 4 albums qui font partie de mon ADN tellement je les ai écouté. J'en connais toute les notes et toutes les nuances.

Par ordre de création:
"Blonde on Blonde" de Bob Dylan
"The Idiot" d'Iggy Pop
"Low" de David Bowie
"The Unforgettable Fire" de U2

B.I.B.I. c'est aussi moi. C'est la terminaison du mot habibi, qui veut dire en dialecte irakien, "je t'aime"

Musique, je t'aime.

DEEP de Peter Murphy.

1989.

Belle année. J'ai de très jolis souvenirs de l'année de mes 17 ans.

L'un de ceux-là est l'album de Peter Murphy. 4 ans avant, j'avais découvert Bauhaus. En fait, j'avais découvert Love & Rockets, et par curiosité ça m'avait amené à Bauhaus. Grand fan de Bowie moi-même, le timbre de voix du chanteur de Northampton, Angleterre, ne pouvait que me plaire. C'est seulement plus tard que je remarquerais que les deux (Murphy et Bowie) seraient réunis, en ouverture de l'excellent film The Hunger, de 1983. De toute manière, Murphy est un fan avoué de Bowie. Ce qui en ferait d'emblée mon ami.

Mais dès 1983, Murphy n'est plus membre de Bauhaus. Il est acteur, danseur et se part des projets qui n'ont pas beaucoup d'impact populaires majeurs. Après deux albums solos tombés dans l'oubli, il collabore avec Paul Statham, ce qu'il fera pour les 8 prochaines années. Ses plus intéressantes à l'oreille, selon moi.

Ironiquement, quand son single Cuts You Up atteint le #1 dans un palmarès alternatif populaire, c'est la chanson So Alive qui est délogée, de Love & Rockets, groupe formé des anciens Bauhaus, Daniel Ash, David J. et Kevin Haskins.

Murphy accompagnera très agréablement mon passage au CEGEP, sera l'un de mes meilleurs souvenirs. et encore aujourd'hui, je retourne ponctuellement à deux des albums de Murphy. (L'autre étant Cascades, de 1995).

Le disque débute par une lourde cadence rythmique (batterie/basse) et impose la sombre voix de celui qui irait s'installer pour vivre avec sa femme en Turquie, l'année suivante. Murphy nous parle d'agnosticisme et nous rappelle sagement qu'il n'est pas nécessaire de souffrir pour être heureux et en paix. Le monde est un profond océan et une vaste mer  Ça commence très bien.

La chanson qui suit nous offrira plus d'énergie et même un partie semi-rappée. Pas ma préférée, mais pas la pire non plus.

En revanche, ma préférée a tout de suite été la suivante. Une claire référence aux drogues intraveineuses, le refrain à la voix dédoublée (souvent de la mienne en voiture) me plait beaucoup. Les harmonies sont aussi très agréable et me rappelle du jeune Men Without Hats. Ça pourrait aussi exorciser un renouveau spirituel pour le chanteur.

Quand j'ai rencontré l'amoureuse, il y a 25 ans, elle était fan de cette chanson. Ça m'a vite fait tomber dans ses bras. Chanson sur la mort et le deuil, mais aussi bel hommage à l'actrice allemande.

La chanson suivante offre une côté tribal fort intéressant. Très Bowie.

Étrangement, la chanson suivante a été le premier single lancé par Murphy. Ce n'est très certainement pas sa meilleure. C'est même une relecture de la chanson de Bauhaus In The Flat Field. La structure musicale est semblable et certaines paroles sont aussi exactement les mêmes. C'est aussi le même auteur...

Le morceau d'après est celui qui m'a ramassé dans son univers. Ce fût aussi son plus gros succès, son seul, et le second single tiré du disque. La rythmique et le violon forment un tandem extrêmement intéressant. Le subtil piano est aussi glacial comme le ton du britannique.

Une autre ballade qui faisait mouche, troisième et dernier single tiré du disque, était cette chanson. Murphy y parle d'un triangle amoureux où madame doit choisir entre deux hommes. There is no middle ground. Un gentil et fort joli requiem passionnel.

La fin de cet album est un peu lâche. Murphy y jamme sur un morceau mené par la batterie, un morceau négligeable selon moi, qu'il reprendra une seconde fois. Peut-être dans un remix plus long, je ne sais trop. Je ne suis pas fan de remix, encore moins de chansons qui font ni chaud ni froid.

Pour sombres romantiques, amateurs de David Bowie, de pop, de musique alternative, pour vampires, pour amateurs de college rock, Goth rock, Post Punk, Dance rock ou Bauhaus.

vendredi 16 février 2018

Tuer des Enfants

Vous aviez vu ce commercial?

Pour tous ceux dont le lien ne fonctionnerait pas dans leur pays, il s'agit d'un faux reportage télévisé parlant de la tuerie du lendemain dans une école secondaire, certains intervenants parlant qu'ils auraient dû savoir, parce que ça faisait longtemps qu'il en parlait, certains autres qui disaient qu'ils savaient le tireur complètement fou des armes à feu. Les autorités parlent de comment ils interviendront. Une mère, accompagnée de son adorable petite fille parle de la tuerie du lendemain, elle aussi, et, à la fin, quand la journaliste lui demande comment la mère expliquera la tuerie du lendemain à sa belle puce, la mère répond qu'elle n'aura pas à le faire car sa puce n'y sera plus. 

"This is Chritine Ling, reporting from the scene of another shooting, we'll say we never saw it coming"

Il est possible de voir venir la chose est le slogan final.

Quand je suis revenu de travailler, l'amoureuse me parlait de la tuerie.

"17 morts? ici?"

"Non, en Floride, dans une école secondaire"

C'est fou ce que ça ne m'a rien fait. Même pas la colère. Je n'ai même pas cherché à en savoir plus. Ça venait des États-Unis, ces gens sont de parfaits arriérés en ce qui concerne les armes à feu. Un entraîneur de basket a dit ce que j'aurais à peu près voulu dire sur le sujet. 

Le message que je vous ai mis en lien plus haut, a été payé par un regroupement qui se nomme Sandy Hook Promise.

Vous vous rappelez de Sandy Hook?  Pas grave, les Étatsuniens non plus ne s'en rappellent pas. 

Le 14 décembre 2012, un déséquilibré, lourdement armé, parce qu'il est très facile de s'armer lourdement, encore plus facile maintenant, Donald Trump a facilité la chose dans ses 100 premiers jours de présidence pour tout le monde, il en récolte déjà les fruits; le 14 décembre 2012 donc, un jeune homme de 20 ans tue sa mère d'une balle dans la tête et se rend à une école primaire, Sandy Hook, pour y faire un carnage. Il tue 6 membres du personnel scolaire et assassine Charlotte, Olivia, Dylan, Madeleine, Catherine, Jesse, Ana, James, Emilie, Jack, Noah, Caroline, Jessica, Avielle, Benjamin, Allison, qui avaient tous 6 ans, et Grace, Chase, Josephine et Daniel qui en avaient 7. 

Il s'enlève la vie après tout ça. 

Tuer d'innocents enfants n'a rien fait pour ralentir l'accès aux armes à feu aux États-Unis. 

La mort de 20 petites perles, au mauvais endroit au mauvais moment, n'a pas ému les États-Unis tant que ça. Depuis, il est encore plus facile d'avoir accès aux armes à feu là-bas. 

Pays d'abrutis élisant des abrutis au pouvoir.

Doit-on encore s'en émouvoir nous mêmes? Si la mort stupide et inutile de 20 petites âmes et de leur bienveillant encadrement adulte ne suffit pas à raisonner les fana du guns, qu'est-ce qui le fera? vraiment? 

Chaque tuerie qui a suivi aux États-Unis reste une horreur. Mais une horreur presque volontaire. Et chaque fois, les amateurs de fusils ont valsé sur un discours frôlant la folie qui voudrait que l'accès aux armes à feu n'y ait rien à voir. Qu'au contraire, il faut s'armer pour s'en défendre.

Le monde entier s'entend pour dire que la maladie mentale est beaucoup plus répandue que tout ce qu'on soupçonnait depuis longtemps, et aux États-Unis on ferme les yeux sur le sujet, et on voudrait aussi que l'on cesse de parler de cet accès "nécessaire" aux armes à feu. Cocktail à exorcise des démons idéal pour le malade mental: accès au fusil pour transcender la psychose

Alors, je le répète encore, pourquoi s'en émouvoir?
18 fusillades aux États-Unis...depuis janvier!!!!!

N'en sommes nous pas au stade de la bombe humaine palestinienne?

Au stade du désintéressement par accoutumance?

17 morts, école secondaire, U.S.A. passe-moi le beurre, Albert.

Quelqu'un a dit quelque chose de très beau hier. Mais d'aussi de très effrayant.

Il a dit que ces enfants que nous tuons, auront un jour le courage de voter ce que nous sommes incapables de voter, adulte.

Ceux qui auront la chance de devenir adulte.


jeudi 15 février 2018

Alerte Aux Héros Racisés

Le dernier film de Clint Eastwood, 87 ans, est comme une mauvaise anecdote, racontée par un grand-père qui aurait mal vieilli.

Il s'agit d'une fable réactionnaire aussi étrange que si Josey Waley était apparu sur grand écran, maquillé de blanc, se faisant passer pour un mime.

L'histoire est simple. Et presqu'entièrement vraie. Ce qui suit est vrai: Le 21 août 2015, un désaxé marocain, Ayoub El Khazzani, est monté dans un train en direction de Paris, qui quittait vers Amsterdam. Dans la salle de bain, il a enlevé son t-shirt, et a brandit une arme d'assaut, un pistolet et un couteau. Avec près de 300 balles sur lui, il a fait son chemin dans un des wagons. Un Étatsunien, naturalisé français, Mark Moogalian, lui a soutiré une de ses armes. Khazzani lui a tiré dessus avec le pistolet. Il a aussitôt repris son arme et a visé un Étatsunien, militaire en vacances, Spencer Stone. Mais l'arme d'assaut a barré. Stone et deux de ses amis voyageurs, Alek Skarlatos et Anthony Sadler, on sauté sur Khazzani, l'ont maintenu au sol, battu avec la crosse de son fusil, et attaché. Stone a été lourdement coupé dans la bataille. Il s'est tout de même rendu au chevet de Moogalian qui était plus mal en point encore, saignant beaucoup du cou. Le train s'est arrêté à Arras, la police française a investi le wagon. Khazzani leur a été livré. Les paramédics se sont occupés des blessés. Personne n'est mort. Moogalian, le plus mal en point (photo)

Dans ce train se trouvait le comédien français Jean-Hugues Anglade qui avait critiqué l'équipage qui s'était enfermé dans le cockpit, empêchant les passagers de s'y réfugier aussi, dont lui et sa compagne.

C'était toute une histoire en août 2005, qu'on a beaucoup relayée dans le monde à l'époque. Mais pouvait-on faire 94 minutes d'intérêt sur un événement de 4 à 8 minutes? Semblerait que oui, si vous vous appelez Clint Eastwood.

Avec l'aide de la scénariste Dorothy Blyskal, on a usé de nombreux flashbacks "explicatifs". Au moment où l'attaque menace de se produire, on atterrit en 2005, à Sacramento, où Stone et Skarlatos, bons amis, sont convoqués au bureau d'un directeur d'école, avec leurs mères, pour se faire dire que leurs enfants ont des troubles de l'attention. On sent qu'on veut planter l'idée que ce que l'on reprochait aux deux jeunes hommes, sera justement ce qui en fera des héros plus tard: leur côté alerte.

Transférés dans une nouvelle école, il feront la rencontre de Sadler qui formera le trio d'amis. Stone l'impressionne avec sa collection de fusils-jouets, et ils vont tous jouer à guerre. Projection encore de ce qui en fera des héros plus tard, de futurs militaires, essentiels à l'équilibre sociétaire (oui, comme Chelsea Manning, Clint, ferais-tu un film sur Chelsea Manning?).
Cette passion pour la survie armée est aussi le message lancé par Eastwood. Grand ami de la NRA et des militaires.

Dans American Sniper, un film d'Eastwood touchant sensiblement les mêmes thèmes, on pouvait y faire deux lectures faciles. La première était un simple brandissement caramélisé du drapeau des États-Unis, la seconde était celle d'un soldat goûtant à sa propre médecine.

Ce qui transpire du nouveau film de Clint, c'est qu'on y raconte des héros Étatsuniens, en vacances, sauvant pour la xème fois, les pauvres culs des Français, toujours du côté des victimes de quelque chose duquel ils ne savent se sortir du pétrin tout seul. Stone, Sadler et Skarlatos ont effectivement sauvé bien des vies. Et ont été des héros, aucun doute là-dessus.

Mais le film reste un ovni. Il y a bien quelques acteurs de métier dans le film. Jenna Fischer, découverte dans The Office, U.S., Judy Greer et quelques autres. Mais les principaux protagonistes adultes, Mark Moogalian, Spencer Stone, Anthony Sadler, Alek Skarlatos, se jouent eux-mêmes. Moogalian, acceptant étrangement de jouer son agonie, le doigt sur le trou dans sa gorge, pissant du faux-sang, comme pour exorciser (en revivant) sa presque mort. Néo-ciné-thérapie. Sa vraie femme, Isabelle, le pleure, les yeux dans les yeux, et l'implore de vivre. Le vrai parmédic qui l'a soigné se pointe et le soigne en lui donnant de la fausse morphine.

Ce n'est pas un précédent puisqu'on avait convaincu Audie Murphy, en 1955,  héros de la Seconde Grande Guerre, de se jouer dans un film sur le conflit. Et ce fût alors un gros succès. Pélé, la légende de soccer, s'était aussi joué sur un film racontant sa vie. Dave Hanson (bien que non bagarreur), joueur des Jets de Jonestown, jouait un des trois frères Hanson dans Slap Shot.
Eastwood montre la vraie remise de médaille du Président François Hollande à Stone, Sadler et Skarlatos. On les voit se réveiller le lendemain matin, absolument lendemain de brosse, après une nuit chez les femmes faciles, fausse ou vraie. Rendu là, on s'en moque, ils ne sont pas de grands comédiens, on les prendra comme ils viennent, ces héros.

Ce qui pourrait sauter aux yeux, c'est tout ce que ce film aurait pu être avec de vrais comédiens.

Et que dire de l'absence de mention de l'anglais Chris Norman, qui a aussi eu la légion d'honneur en même temps que les autres, puisqu'impliqué dans la soumission du scélérat, et qui n'avait rien d'un athlète, ce qui le rend plus vénérable encore, selon moi. Ou le banquier français qui a tenu à rester anonyme et qui fût le premier à sauter sur le malfrat? Deux autres français ont aussi reçu la légion d'honneur pour ce jour-là, mais on en parlera pas.

Et Ayoub El Khazzani? le marocain au coeur de cette histoire? Clint nous montrait deux côtés de la médaille dans les beaucoup plus nuancés Flag of  our Fathers et Letters From Iwo Jima. Khazzani était issu de quel tissu social? Était-il un fan des armes comme Spencer Stone? Était il aussi imprégné de foi en Dieu comme Stone et ses amis? Ne croyait-il pas répondre du bien comme Stone et ses amis?

Pour des raisons évidentes, Khazzani ne s'est pas joué lui-même dans le film.

Clint, a joué au créateur de héros*.

Sauvés par un fusil barré.
Et une éducation militaire.

94 minutes de pudding à la fierté.

Pas pour toute les diètes.

Pour obèses.

En salles depuis le 9 février.

*Ce qui est aussi le rôle d'un cinéaste.