mardi 23 janvier 2018

Les Pipeurs de la Nouvelle-Angleterre

C'est fou ce que j'en ai marre des tricheurs.

Ils me semblent partout et constamment honorés plutôt que punis.

Il devient presque difficile d'inculquer une certaine forme d'honnêteté à ses enfants alors que ceux qui trichent se voit ouvrir des portes toutes grandes à peu près partout.

Mais avant que je n'encourage la tricherie, il faudra me ré-usiner entièrement.

Au football de la NFL je suis mécaniquement incapable d'être impressionner par la Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Ils se sont fait prendre à tricher. Ont été punis très timidement (parce que l'argent est la loi). Ont gagné le Super Bowl l'an dernier, dans une fin de match que j'aurais dû trouver spectaculaire si elle avait impliquée d'autres clubs, mais dont l'issue fût favorable aux Patriots, que nous savons tricheurs, alors il m'était impossible de me réjouir ou d'être épaté par ces filous.

C'est quoi leur tricheries?

-Ils engagent régulièrement des joueurs de réserve que des clubs adverses libèrent dans le seul but qu'il vienne révéler les stratégies et les jeux qu'on se volent d'un club à l'autre. Ils ne sont pas le seul club à faire de la sorte, ce serait courant dans tous les clubs de commencer l'embauche d'un nouveau joueur issu d'une nouvelle organisation par une entrevue serrée révélant ce qu'il sait de son ancien club. Mais la Nouvelle-Angleterre a engagé certains joueurs, sans jamais les utiliser ailleurs que dans un bureau. Où on jouait au panier-percé, comme la plus grande des utilités.

-Ils ont été très efficaces à voler les signes de jeux adverses. Encore là, tous les clubs y aspirent, dans tous les sports d'ailleurs (le baseball beaucoup). Mais les Patriots étaient meilleurs sur la chose que les autres. Meilleurs voleurs.

-Il est aussi commun, quand votre équipe est sur la route et que le match devient serré en fin de partie, que soudainement, les communications de votre casque, les liens avec la passerelle, deviennent brouillonnes et au bout du compte, impossibles. En Nouvelle-Angleterre, facilement.

-Le maraudage auprès des agents libres est illégal pour toute les équipes. Toutes le font, dans tous les sports. La Nouvelle-Angleterre sans exception. Toujours difficile à prouver, mais on signe facilement avec les Pats. "parce que c'est une équipe qui triche bien de gagnants..."

(le faux scandale des ballons insuffisamment gonflés était un faux scandale, les ballons fournis par les Colts étaient tout aussi dégonflés, la Ligue a maladroitement condamné une tradition de tricheurs autour des Patriots, mais cette fois, ceux-ci n'étaient pas dans le tort. Ironiquement, peu de gens connaissent le vrai fond de l'histoire et on croit encore qu'ils ont fourni des ballons largement dégonflés dans le but des les favoriser (un seul l'était vraiment sur 11))

-En 1961, l'incroyable se produit. La tricherie ne se passe pas au niveau de l'organisation mais bel et bien au niveau de ses fans. Dans la finale de division menant au Super Bowl, les Texans de Dallas (futurs Chiefs de Kansas City) et les Patriots de Boston s'affrontent et le pointage est de 28-21 pour les Pats en toute fin de match. Une passe de 70 verges amène les Texans à la ligne de 3 des Pats avec quelques secondes à faire au match. La foule, croyant le match terminé et Boston gagnant, envahit le terrain et saute sur ses héros. Mais les arbitres les renvoient dans les gradins. Il reste du temps pour un dernier jeu. Quand le jeu reprend, un fan réussit à déjouer tout le monde et revient sur le terrain. Tout est filmé. Il réussit même à toucher au ballon pour que celui-ci n'atteignent pas sa cible dans la zone des buts. La foule réinvestit le terrain, la confusion est totale, seul le quart-arrière des Texans semble avoir remarqué l'intrus, il crie au vol. Mais personne ne l'écoutera. Jamais on ne renversera la décision. Même après voir vu les images et avoir eu bien honte. Le fan ne sera jamais identifié clairement, noyé dans la foule qui s'était relancé sur le terrain.

-En 1986, les Patriots ont perdu un choix de troisième ronde, en punition pour avoir fait un usage illégal de la liste des blessés.

-Entre 2007 et 2016, 5 joueurs des Patriots, Rodney Harrison, Brandon Spikes, Jermaine Cunningham, Brandon Boldin et Rob Ninkovich, se sont fait pincer pour utilisation de produits illégaux afin d'augmenter leur condition physique. Chaque joueur a été suspendu pour 4 matchs (dans des saisons de seulement 16 matchs).

-Les Patriots se sont fait prendre à filmer les signaux des Jets de New York, du mauvais côté du stade. Il est permis de filmer les matchs et le club adverse, mais dans des endroits précis dans les stades, pas derrière le banc adverse ou trop près du banc adverse. Les Pats n'étaient pas dans la bonne zone. Ils savaient tous les jeux adverses et devenaient imbattables en défensive, interceptant tout (comme si il savait déjà...oh! mais ils savaient déjà!).

Bref, on reste loin du talent sportif non? Et pourtant il y a définitivement du talent chez les Pats.
Mais obscurci par de l'ombre.
Coupables ou pas, les Pats sont associés à du pas propre.

Ça me rend incapable d'enthousiasme à leur égard. Même si Tom Brady brille de toute ses dents et que ses fins de matchs devraient être passionnants.

Non, ils ne le sont pas pour moi.

Ils donnent de la valeur aux tricheurs.
Les Patriots seront encore du Super Bowl cette année.
Les osties...

lundi 22 janvier 2018

Le Déni de la Distinction

Résolution obligatoire collective pour 2018: CONTINUONS DE RIRE.

Même si on a beaucoup de raison de faire le contraire, il est plus important que jamais de continuer à rire.

Les gens pour qui rien n'est drôle tentent de prendre le contrôle du monde et nous ne pouvons pas les laisser faire.

Je vais vous faire une admission qui influencera la suite de mes propos: j'ai un pénis.

Ça me place distinctivement dans le catégorie des gens potentiellement plus agressifs et sursexuels, mais ça ne me place pas nécessairement dans la catégorie des gens qui ont continuellement tort. Mais vous n'êtes jamais obligés de me suivre sur rien. Vous n'aimez pas? zappez. Aller jouer ailleurs. Lire c'est gratuit et ça peut se faire partout ailleurs.

Je supporte vivement le mouvement #Metoo aux États-Unis et le mouvement #Etmaintenant au Québec. Mais ne supporte en rien le mouvement #MeMcCarthysm.

Quelque chose ne tourne pas rond quand une sénatrice des États-Unis peut dire, sans se faire relancer, quelque chose de grossier comme:
"Quand nous sommes en train de discuter de la différence entre le harcèlement sexuel, l'agression et les attouchements non sollicités, nous sommes en train d'avoir la mauvaise conversation"

ARE YOU FUCKING KIDDING ME?
Tu habites le pays de l'ignorance massive, sénatrice, peut-on avoir une simple conversation supplémentaire?

Peut-on réfléchir à certaines distinctions? Tout ça serait la même chose?
Je peux comprendre qu'un Al Franken, feignant de saisir à deux mains les seins d'une belle femme endormie peut le tuer publiquement sur le grand boulevard de la tolérance zéro contre les comportements inappropriés (un boulevard que seuls les Démocrates emprunteraient semble-t-il...). Il n'en était pas à ses premiers gestes (ou propos) déplacés sur cette même femme.

Mais veut on vraiment imposer un déni de distinction? un aveuglement volontaire? une ignorance choisie entre un assaut dans un sombre corridor et un massage dans le dos lorsque madame boit à la machine à eau du bureau ? Ce que je vais dire va peut-être vous choquer, mais la masturbation est normale et saine. Mais PAS DANS UN PARC.  Distinction.

Laisser tomber l'idée que même les gestes sales comme les agressions n'ont PAS de degrés de dommage est aussi stupide que d'accorder une importance aux "faits alternatifs". Je peux comprendre que Donald Trump ne veuille pas réagir, il ne connait que 88 mots. Et se sait coupable de probablement aussi pire.Mais le reste de la planète doit avoir cette conversation. Peser les pour et les contres. Voilà pourquoi le symbole de la justice inclut une balance dans la main d'une aveuglée. On nous demande de rester aveugle. Lady Justice tient une balance, pas un fusil tronçonné. La sénatrice a ajoutée "vous devez faire une ligne dans le sable et dire que rien de tout ça n'est acceptable".

Absolument!

Tout à fait vrai. Mais peut-on marcher et mâcher de la gomme en même temps?
Peut on encore dire que taper sur une fesse d'autrui sans l'avoir consulté sur la chose et violer cette personne, que les deux restent inacceptables, et que l'un des deux gestes est pire que l'autre?

Pas vraiment semble-t-il.
14 ans de prison ou 14 mois, même chose.

Quand Matt Damon a dit "Il y a une différence entre une tape sur les fesses et le viol ou l'agression sexuelle sur un enfant, n'est-ce pas?" il a mangé beaucoup plus de marde sur le net qu'il ne l'a fait dans le film The Martian. On l'a tout simplement crucifié. Minnie Driver, ancienne amoureuse de Matt, a répondu que les abus ne sont pas hiérarchiques, qu'une femme qui aurait vu le pénis d'un homme sans l'avoir exigé peut souffrir autant qu'une femme violée.

Huh?

AUCUNE FEMME SUR TERRE, entre se faire violer ou voir un pénis non sollicité ne souhaiterait vivre le premier. Comment fait-on pour trouver le commentaire de Minnie, noble et celui de Matt, issue du déplacé? Nous perdons le sens de la raison. La logique de l'intelligence humaine exige que nous partions tous de faits connus et établis. La merde est physiquement, chimiquement différente de la sauce soya et ça, tout le monde le sait, c'est d'une évidence absolue.
Mais il semble que maintenant, construire de blocs de pensées, articuler son intelligence autour de degrés d'innaceptabilité, soit une chose interdite et facilement renvoyable dans le ravin des mauvais réflexes.

Mike Pence et l'État Islamique sont tous les deux homophobes.
Adolf Hitler et Donald Trump sont tous les deux racistes.

Dans les deux cas, acceptons nous que l'un des deux est beaucoup moins pire que l'autre?

Non,  selon la sénatrice en question dont je n'honorerais même pas le nom, Minnie Driver et quelques têtes brulées chassant les pénis.

Le mouvement #Metoo nage un peu dans la dérive. Et y a plongé récemment. Ça devait arriver.

Nous sommes capables de distinguer des niveaux de gravité dans les drogues. On trouve ridicule aux États-Unis que la Marijuana soit classée comme une drogue de type 1, comme les drogues potentiellement fatales que sont le LSD et l'héroïne.  Parce que c'est ridicule. On ne s'est arrêté qu'au mot drogue. Sans distinction de degré. On ne meurt pas du cannabis. À moins d'en vendre ou de ne pas payer ceux qui vous la vendent. On ferait la même chose avec les agressions? toute la même chose? On serait si peu intelligent?

On distingue des niveaux ailleurs en société.
On a 4 degrés de meurtre.
3 degrés de brûlures,
6 degrés de Kevin Bacon.

CONTINUONS DE RIRE.

Mais aussi de discuter et de réfléchir aux problèmes sous tous ses angles.

Ne serais-ce que pour éclaircir un peu les esprits brouillés par je ne sais quoi.

Les émotions, la rage, l'ignorance, l'impulsion.
La peur.

dimanche 21 janvier 2018

Paris Perdus

La Ligue Nationale de Hockey n'enverra aucun joueur aux Olympiques en Corée du Sud.

Et c'est tant mieux.

Jamais ils n'auraient dû le faire de toute manière. En 1984, je suivais mes premières Olympiques sérieuses. En été à Los Angeles et en hiver, à Sarajevo, en Yougoslavie. Mes dernières intéressées au hockey olympique.

Tout de cet hiver au hockey olympique n'existe plus.

Le pays d'abord qui est devenu la République de Bosnie-Hérzégovine. Les équipes ensuite. Équipes qui étaient alors composées de jeunes espoirs juniors, entre 17 et 21 ans, que l'on découvraient aux Olympiques et qu'on s'amusait à retrouver parmi les clubs de la LNH dans les années qui suivaient les Olympiques. C'était ce que les Championnats Mondiaux Juniors de nos jours sont: excitants, des jeunes plein de promesses comme dans tous les sports qu'on découvrait (ainsi que leurs athlètes) ailleurs aux Olympiques. Dès 1988, on introduisait des joueurs de la LNH dans le hockey olympique.

J'ai de très beaux souvenirs du hockey olympique de 1984. Le meilleur joueur du Canada était Pat Flatley. Le capitaine des États-Unis était Pat Lafontaine.  Dans le match entre le Canada et les États-Unis, le duel se passait entre les deux Pat. Mais les deux clubs ne seraient même pas de la ronde des médailles au final.
Les deux Pat atteindraient la finale de la Coupe Stanley l'année suivante au sein des Islanders dans la LNH (mais perdraient face aux Oilers de Mark & Wayne). Russ Courtnall serait un Leafs de Toronto. Jean-Jacques Daigneault et Doug Lidster seraient des Canucks, Kevin Dineen et Dave Tippett des Whalers, Dave Donnelly, un Bruins, Bruce Driver et Kirk Muller des Devils, Darren Eliot et Craig Redmond des Kings, Dave Gagner (père de Sam) et James Patrick (oncle de Nolan) des Rangers, Mario Gosselin, un Nordiques et Carey Wilson, un Flames.

À partir de 1988, comme je le disais plus haut, les joueurs de la LNH avaient le droit de participer aux olympiques. Étrangement je ne garde aucun bon souvenir de toute les éditions qui ont suivies. Mon intérêt y était nul. Il est ridicule et insensé de planter des millionnaires qui n'ont besoin d'aucune publicité, au milieu d'un village olympique peuplé de jeunes qui auront  souvent la seule publicité de leur vie, mais aussi qui se battront toute leur vie post-olympique, et très souvent aussi leur vie pré-olympique, à courir les sous et à demander l'aumône partout. Et à se magasiner une reconnaissance.

Insensé.

Le temps me donnerait encore plus raison quand, une année/édition que j'oublie, l'équipe des États-Unis qui comptaient entre autre bouffons Brett Hull, Jeremy Roenick, Chris Chelios et Ed Belfour, avait été éliminée de la ronde des médailles très tôt et, millionnaires égarés ayant du temps à perdre, avait tant fait la galère dans le village qu'ils avaient démolis des chambres d'hôtel. (Brett Hull avait finalement payer pour tous les dégâts avec son argent de poche).

En hiver, le hockey n'a pas besoin d'y planter des millionnaires. Tout comme au basket, en été, les États-Unis n'ont rien à prouver.

Il est d'autant plus ridicule de risquer une blessure pour une médaille qui ne veut rien dire et priver ensuite le club auquel il appartient du talent d'un joueur. De plus, la LNH prenait une pause idiote pour 50 quelques joueurs, brisant le rythme de la saison.

La LNH voulait maintenant que les Olympiques leur promettent une part des redevances des matchs présentés. Les Olympiques leur ont dit "mais pour qui vous prenez vous?, on ne fait cela pour personne. Et vous êtes déjà tellement riches!, up your asses trumpistes!"

La LNH a chanté tout l'été et s'est trouvée fort dépourvue quand les Olympiques sont restées de glace face à leur refus de coopérer. On ne peut plus y envoyer des Juniors qui ont leur championnats du monde juniors dans le temps des fêtes. Et des saisons bien en cours qu'ils ne sont pas assez bêtes de suspendre par ce tournoi olympique.

On enverra donc des pros de Ligue d'Europe et d'ici. Mais pas de la LNH.

La compagnie de cartes sportives Upper Deck et le magasin Canadian Tire ont fait le pari que la LNH finirait par envoyer des joueurs du circuit quand même. Et ont perdu ce pari.

Des cartes de "L'équipe Canada 2017-2018" sont vendues comme un mensonge pour les générations à venir. Aucun des joueurs sur les cartes vendues au Canadian Tire ne représentera un joueur du Canada qui sera aux Olympiques de 2018.  L'équipe se trouve ici.
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En Espagne, c'est Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol conservateur, qui a perdu son pari sur toute la ligne.

Quand Carlos Puidgemont a fait voter l'indépendance de la Catalogne, on a eu droit à des images de dictature de la part du gouvernement espagnol de Rajoy. De l'horreur anti-démocratique. De l'intimidation majeure. On a même jeté en prison plusieurs chefs des coalitions qui font des pro-Catalans, la majorité en chambre, en Espagne.

Carlos Puidgemont a été le plus ciblé pour des accusations criminelles de la part de Rajoy. Il a donc fui en Belgique. D'où Puidgemont pense être en mesure de gouverner. Ce qui est son pari à lui, pari très incertain si il en est un.

Si Puidgemont revient en Espagne, il est aussitôt arrêté et coffré. Un parfum des années de dictature de Franco flotte. Rajoy a donc fait le pari de limoger tout le gouvernement, d'en dissoudre le parlement et de refaire des élections pour faire entièrement peau neuve dans la classe politique.

Le résultat a finalement été pire qu'avant. On a cru à une sorte de nivellement qui aurait favorisé le respect de la constitution espagnole qui clame que la séparation d'une partie reste illégale. Mais non.

On est arrivé à une majorité pour deux partis bannis...dont les chefs croupissent en prison ou sont sur menacés d'y croupir.

L'impasse est presque aussi totale que l'impasse budgétaire aux États-Unis.
Trump accuse les démocrates. Cette accusation est un pari qu'on aurait gagné facilement. Ces  parfaits hallucinés les accusent même de meurtre...

Ça chie ailleurs dans le ventilateur des parieurs.

samedi 20 janvier 2018

25 Formidables Affiches de Film

Tout comme il ne faut pas juger un livre par sa couverture, on ne devrait jamais juger un film par son affiche.

Mais le choix d'une affiche fait parfois parti d'une quantité de très bons choix fait par l'équipe autour d'une oeuvre. En France, étrangement, on place souvent, presque toujours, comme affiche, une scène d'un film. En Amérique et ailleurs, l'affiche est passée dans une machine de marketing  souvent différente.

Voici 25 de mes préférées et pourquoi:
Little Miss Sunshine
Le jaune frappe. Sur celle-ci, la couleur fait référence au soleil du titre, à la couleur de la Volks, un personnage en soi dans le film, et au t-shirt de Paul Dano dans ce superbe film qui s'est mérité un prix spécial du meilleur casting. On y rit beaucoup et l'affiche nous le suggère avec ses membres d'une même famille courant pour rattraper une volks au démarreur minable, qu'on doit partir sur le neutre après l'avoir poussée. On peut y lire la nature du personnage de Steve Carell dans sa simple posture. Un film et une affiche à voir et à avoir.

The Graduate
La séduction est dans la mission du cinéma depuis sa création. Cette image de Miss Robinson tentant de séduire son élève a fait école dans la turbulente année 1968. Mais contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas la jambe d'Anne Bancroft que l'on voit sous le regard du jeune Dustin mais bien celle de Linda Gray, future vedette de la série Dallas. Bancroft avait un engagement qui l'empêchait de se rendre à la prise de photo. Gray a été payée un astronomique 25$ pour sa jambe. La photo a depuis très souvent été parodiée.

Mean Streets
Le premier film à succès de Martin Scorsese avait une affiche à la hauteur de son talent. Honorant à la fois New York, la petite Italie et le climat de ruelle du quartier, avec ce fusil fondu au travers des immeubles, et sa fumante cheminée assassine, Marty donnait le ton, en 1972, à ce qu'y allait être un thème dominant de son oeuvre à suivre.

Lord of War
Ce film, passé plus ou moins inaperçu en 2005, est annoncé par une affiche racontant l'histoire d'un trafiquant d'armes. Ça semble être une simple tête du personnage principal, mais en regardant de plus près, on peut y voir que le corps de Cage est une réelle prison (jeu de mot volontaire) puisqu'il est composé presqu'exclusivement de munitions, de balles, de matériel à armes à feu. Du col de chemise aux cheveux, en passant par la cravate, les sourcils et le veston. Menace extrême. Parfait pour le sujet traité.

Manhattan
Celui-là, je l'ai encore dans le garage après l'avoir eu affiché sur les murs dans mes 6 premiers logements. Le noir et blanc monochrome qu'utilise Woody Allen (et Gordon Willis) dans le film est honoré dans une photo d'une scène fabuleuse du film où le brouillard du Pont de Brooklyn est à la hauteur du brouillard qui régnera dans les coeurs des protagonistes du film. La typographie du titre fait aussi fondre les lettres en immeubles new yorkais mémorables. Un de mes films préférés du Woodster.

Fear & Loathing In Las Vegas
Quoi de plus normal que de demander à Ralph Steadman de créer l'affiche d'un film adapté d'un livre d'Hunter S. Thompson ?  C'est quand même lui qui peuplait les dessins de ses livres. Le talent de Steadman est honoré dans le film (et dans tout le film The Wall de Pink Floyd) à quelques reprises. Croisement entre Dali et un voyage d'acide sur un nuage de marijuana trempé dans la gazoline près d'une allumette, l'affiche suggère le désordre planifié du film.

The Social Network
J'ai adoré ce film vu en avion. Le rythme frénétique des dialogues d'Aaron Sorkin et le talent de David Fincher en ont fait un excellent thriller. J'y ai aussi découvert une excessivement charmante Rooney Mara pour la première fois. L'affiche nous offrait un slogan et pas de titre. Après tout on avait pas 100% le droit de dire le mot Facebook. Mais on sent le réseau social  en question partout sur cette affiche avec une parodie de ses gros titres accrocheurs, une fausse entête sur le flanc droit et un Zuckerberg qui semble regarder le monstre qu'il a créé en se demandant si il en comprend toute la portée.

Breakfast At Tiffany's
Certaines affiches ont tout fait le travail. Dans le cas d'Audrey Hepburn, même si vous n'aviez pas vu le film, vous étiez séduit par le style du personnage, homme comme femme. Hepburn passait d'innocente ingénue à aspirante décoration sociétaire. Et jusqu'à nos jours. Plusieurs ont copié son style. Paris Hilton et ses clones en ont même fait une vie.

Scream
Il aurait été si facile de mettre en affiche la fameuse tête masquée du méchant qui fait tant peur depuis 1996. Mais non, on a choisi d'y placer les yeux bleus terrifiés de Drew Barrymore, dont la bouche est masquée qui n'aura droit qu'à la séquence d'ouverture dans le film. Tout comme Alfred Hitchcock avait sacrifié la fille de son poster 36 ans plus tôt, créant la commotion dans le conformisme Étatsunien (et dans les douches privées).

Moon
Duncan Jones a un père qui savait une chose ou deux sur la présentation visuelle. Son premier film est formidable et rappelle à la fois Kubrick et Tarkovsky. Sam Rockwell ne cesse de me plaire dans ses choix de rôles. Cette affiche, rappelant les lignes aveuglantes de Saul Bass pour Hitchcock, est vertigineuse. Comme si nous étions nous-mêmes désorientés en apesanteur dans l'espace. Notez le nom de Sam Rockwell et le dédoublement du nom derrière. Planant.

Rosemary's Baby
Mia Farrow aura toujours été formidable dans le rôle de la victime. Au civil comme au grand écran. Son visage domine le ciel vert, comme si elle se noyait dans un marais de la même couleur. Stephen Frankfurt a conceptualisé. cette superbe affiche qui offre au sommet d'une montagne le berceau de cet enfant à venir, dans le Dakota Building, aux locataires nettement trop intéressés.

The Rocketeer
Le film est un véritable hommage au style art déco, ce que l'affiche rend extrêmement bien. L'élégance du style du film de Disney n'a jamais eu la reconnaissance qu'on aurait pu lui réserver. L'affiche a malheureusement été blâmée pour l'échec commercial du film, ne mettant en vedette aucune des vedettes. Ce qui ne devrait jamais être si important. Quand le film est bon, la vedette en est une composante, pas l'unique intérêt.

Apocalypse Now
Hypnotique, confus, hallucinogène, mystifiant, l'affiche du drame de Coppola colle très bien au film qu'il annonce. Le gros visage chauve de Brando (dont le personnage est mince comme un balai dans le livre de Conrad) trône au milieu comme un mirage tandis que les hélicoptères qui lui volent au niveau du cerveau survolent comme autant de cafards dans le traîneau. Martin Sheen n'a jamais ressemblé davantage à son incertain fils Charlie que sur cette affiche dans le coin en haut à droite. Bob Peak, créateur de tout ça, se faisait naître une carrière avec cette affiche.

Halloween
Prouvant que même une modeste citrouille pouvait être menaçante, le cauchemar en acrylique de Robert Gleason rend justice au film d'horreur, les rayures de la citrouille suggérant un mouvement de coups de couteaux. Une seule main et un ustensile suffiront à semer la frayeur de Mike Myers. Sans que l'affreux Myers soit visible le "he" de l'affiche nous le rend encore plus mystérieux et effrayant.

A Clockwork Orange
Kubrick bannissant son propre film en 1973 suite à une série de crimes odieux copiés de son chef d'oeuvre, cette affiche triangulaire resterait la seule image disponible pendant longtemps. Philip Castle honore l'oeil qui nous fera grincer des dents dans le film, Alex, le droogy sauvage, son oeil à lui maquillé d'un seul côté, et sa main cruelle, armée d'un glaive devant le sourire arrogant du punk prêt à dégainer s'y trouvent aussi. Le "C" et le "O"  évoquent du circulaire, qui collent étrangement bien à l'aspect pyramidale de l'affiche. Viddy well, little brawder.

Metropolis
L'affiche est un véritable chef d'oeuvre de déco futuriste (tirant sur le jaune encore) dans les archaïques format en 3D des années 30. Tirée de la main du graphiste allemand Heinz Schulz Neudamm, ce style a aussi beaucoup été copié depuis. Cette affiche remarquable a été vendue récemment 1,2 millions de dollars U.S. Il n'en existerait que 4 sur terre.

L'affiche est sur la gauche
Anatomy of a Murder
Un autre tour de force de Saul Bass, le simple emplacement du titre est un beau calque sur l'anatomie du cadavre. Preminger ne fait pas dans l'excès de vanité en y plaçant son nom bien en évidence car il semble aussi évident que le corps affiché est non seulement décédé, mais probablement assassiné, puis dépecé. Même l'affiche, en deux couleurs baroques, suggère le scalpel. L'affiche est trompeuse car si vous voyez ce film, vous assisterez à un film se déroulant principalement en cour. Entre avocats et accusés.

The Exorcist
Le prolifique concepteur d'affiche Bill Gold frappait le jackpot avec ce poster de 1973. La silhouette de Max Von Sydow, arrivant au travail rend hommage à l'expressionnisme allemand avec son éclairage gothique et est vite devenue l'une des affiches les plus populaires des appartements étudiants des années 70 voulant jeter un peu de mystique dans leur vie.

Platoon
Ce film est l'un des meilleurs films de guerre jamais écrit/tourné selon moi. L'affiche se distingue par le titre couleur sang et argenté dont les deux "o" sont remplacés par les médailles d'identification des soldats de la Guerre du Vietnam, mais aussi par la fameuse scène où un personnage (je ne vous dis pas lequel) se découvre non seulement coincé par des Viet Congs qui le pourchassent et le mitraillent dans le dos, mais découvre aussi qu'il est abandonné par les siens. La musique sur cette scène est devenue trop utilisée depuis, mais en 1986, il était impossible de ne pas rester insensible sur cette scène.

Star Wars: The Phantom Menace
Quand on a eu le succès de Lucas, on peut se permettre d'épurer. Ce qui reste toujours beau en général, lorsque bien fait. Le cute petit garçon n'est pas celui que l'on croit. La subtilité est éventée dès l'affiche. La trilogie du drame d'Annakin Skywalker est évoquée en une seule ombre. Et ça fonctionne.

The People Vs Larry Flint
Si l'ironie tuait, les États-Unis en entier seraient assassinés. Quand l'affiche montrant Larry Flint en croix comme Jésus crucifié à la hauteur du sexe d'une femme a été censurée par Hollywood, on ne pouvait souhaiter meilleure publicité pour un film dénonçant massivement...la censure. On se scandalise d'un genou au sol "souillant" le gonflé honneur du drapeau des États-Unis. Cette fois, on fait du drapeau une bobette. Le vrai Flint a perdu ses jambes quand un désaxé l'a tiré. Mais il a encore des couilles.

Chinatown
Richard Amsel est l'homme derrière les affiches de The Sting, The Dark Crystal et Flash Gordon. Son clin d'oeil au film noir montre le privé J.J.Gittes (Jack Nicholson) offrant comme chevelure à la mystérieuse Faye Dunaway sa fumée de cigarette. Le lettrage choisi pour titrer le film reste encore aujourd'hui très stylé. Qui aurait cru qu'un film sur un scandale municipal autour de l'eau pouvait être aussi intéressant?

American Beauty
Délibérément suggérant la séduction, et offrant un clin d'oeil à une scène mémorable, le slogan "look closer" propose un érotisme certain au premier film de Sam Mendes. Le nombril n'appartient toutefois pas à Mena Survani (fantasme de la scène en question) mais plutôt à Chloë Hunter, la même qui offrirait ses jambes à Julia Roberts pour l'affiche de Pretty Woman, et son corps en entier comme actrice dans les films Spun et Leprechun 5.

The Silence of The Lambs
 La blanche Jodie Foster  aux yeux rouges est bâillonnée de peur par un papillon de nuit aux couleurs troubles. La tête de mort sur le dessus du papillon, en regardant bien, est exclusivement composé de corps de femmes nues, inspiré de Salvador Dali. On pourrait y lire toute sorte de symboles dans les couleurs choisies, dans les détails des ailes du papillon, mais au final, on a tout de même droit à des frissons avant, pendant et après le film.

Jaws
L'une des affiches les plus iconiques du cinéma. Tous les nageurs l'ont un jour imaginée en nageant dans l'océan. La bête est gigantesque, les dents sont inégales et effrayantes, la victime, beaucoup trop innocente et simple amuse-gueule en devenir, c'est une image presque plus terrifiante que le film qui reste tout en suggestions. Suggestions qui commençaient par l'affiche.

Mentions honorables aux affiches de:
Love in the Afternoon, The Thing, Forbidden Planet, Gone With the WindNymphomaniac, Attack of the 50 Foot Woman, Full Metal Jacket, Blade Runner, The Truman Show, Airplane, Alien, Vertigo, E.T. 

Si je vous parle de tout ça, c'est parce que je suis 100% séduit par l'affiche du film que je suis allé voir hier: The Post.

Une merveille dont mes yeux ne se lassent pas.

Même si Tom Hanks n'a pas le tiers du tiers de l'aura que dégageait le coloré Ben Bradlee.

Mais quel sujet d'actualité...le gouvernement qui ment? C'est tellement maintenant.