jeudi 27 juillet 2017

Dehors les Épices, Bienvenue Le Mooch

Le cirque change de clown.

Le pauvre Sean Spicer a finalement quitter son insupportable rôle de porte-parole de la Maison-Blanche à Washington. Comment défendre l'indéfendable? Comment défendre celui qui dit "moi, les femmes, je les attrape par le vagin?". Comment défendre la quantité innombrables de mensonges de son patron, Donald J. Trump?

En 6 mois, Sean aura eu le temps de perdre la face à maintes reprises. Peu importe qui sera en poste, il y a très peu de chances d'avoir une bonne communications entre lui et son président dit la garde rapprochée de Trump. Le président a besoin d'une éponge. D'un distrayeur d'attention.

Spicer creusait sa tombe depuis juin. Il avait, deuxième ou troisième semaine de juin, empêché les caméras de filmer ses points de presse ET interdit tout enregistrement audio de la part des journalistes sur place. Nazi et demi. (Il n'y avait donc pas que la vérité qui était bannie de ses points de presse!) Quand les journalistes ont légitimement demandé à Spicer "What the fuck?" il a répondu qu'il y a certains jours où nous pensons que la voix du président devrait être la seule à parler au nom de l'administration...

SON POSTE ÉTAIT D'ÊTRE LA VOIX QUOTIDIENNE DE L'ADMINISTRATION!

Insatisfaits, les journalistes ont alors demandé à Steve Bannon "pour kessé faire qu'on censure les images et tout". Bannon, en bon adulte de 13-14 ans a simplement répondu: "Sean a engraissé"...

C'est le numéro des clowns.

Le triste Sean allait au pilori tous les jours, défendre son imbécile de président qui le remerciait en le critiquant, le désavouant ou le contredisant sans cesse. Imaginez la frustration de Spicer, certains matins avant même la première question quand le grand con en chef vous a tiré dans le pied via Twitter, vous faisant vous étouffer dans votre café. Chacune de ses présences au micro donnait chair à l'agonie.

Sean a été livré aux journalistes pour dire que le filtre des Libyens, Iraniens, Somaliens, Soudanais, Syriens et Yéménois aux frontières n'étaient pas un refus d'entrée au pays pour que le même soir, son propre président dise tout simplement le contraire.

Quand James Comey a été viré comme chef du FBI, on a fait dire à Spicer que c'était à la recommandation de l'attorney general Rod Rosenstein. Avant que Trump ne dise que c'est lui qui avait pris la décision bien avant la recommandation de Rosenstein.

Le cirque ne fait que changer de couleurs.
Le mooch est le prochain stand up comic  à jouer l'ancien rôle de Spicer. Un plus idiot encore. Ça promet. Il a débuté son règne avec une première contradiction. Un tweet oxymoron.

"Totale transparence, j'efface tous mes vieux tweets".

Duh?

En effet, l'homme d'affaire de New York (zéro expérience en politique lui non plus) de 53 ans, Anthony Scaramucci a longtemps été un anti-Trump.

En 2012, il a soutenu ouvertement la candidature de Mitt Romney et salué son absence de réplique au "spectacle Trump".

Quand Newt Gingrich a appuyé la candidature de Trump, le Mooch a tweeté ses impressions sur le grand manque de jugement de la part de Gingrich pour faire une telle chose.

Il a longuement parlé en bien de l'incroyable compétence d'Hillary Clinton. En 2015, il a encore souligné son appui à Hillary en disant qu'elle est de loin la meilleure athlète dans l'arène.

Plus loin, en Octobre 2015, il clame que Jeb Bush ferait un excellent président.

C'est connu, cet idiot de Trump pense que les changements climatiques sont une fraude des Chinois. Le Mooch a écrit que c'était affreusement désolant de constater que certaines personnes croient que les changements climatiques sont une fraude internationale.

Le Mooch avait aussi écrit que les murs ne fonctionnaient nulle part, ne l'avaient jamais fait et ne le feraient jamais.

Il a aussi dit que la majorité des gens savent que l'Islam est une religion de paix voulant vivre dans une décmocratie multi-ethnique et multi-confessionnales.

Il a aussi tweeté: "Les États-Unis représentent 5% de la planète entière mais possèdent 50% des armes du monde entier, il faut absolument y faire quelque chose et y placer une certaine forme de meilleur contrôle".

La NRA tire déjà sur Trump pour cette nomination.

Trump a justifié son choix en disant que Le Mooch avait été (en mode pute opportuniste d'affaires, surement) l'un des premiers à l'appuyer comme Président.

Le mooch a commencé son numéro en menaçant ses propres troupes de sévères vengeances contre celui qui laisser coulera des fuites à l'ennemi aux journalistes.

Ça promet...

mercredi 26 juillet 2017

Eva Peron

Maria Eva Duarte serait née en mai 1922 à Junin, une province de Buenos Aires en Argentine, mais tout le monde est unanime que son acte de naissance est un faux, fabriqué en 1945, afin de pouvoir marier légalement le colonel Juan Domingo Peron. On croit plutôt qu'elle serait née en 1919. Eva était la plus jeune de 5 enfants, tous issus d'une relation hors-mariage.

Quand papa décède dans un accident de voiture, elle est encore enfant. On refuse aux enfants (et à la maîtresse) illégitimes l'accès aux funérailles. La famille passe de confortable, dans un domaine à discriminée, appauvrie et négligée. Ceci marque profondément l'enfant de 6 ans qu'est Eva.

Ses frères et soeurs travaillent très fort et assurent une nouvelle aisance à la famille monoparentale. Son frère Juan est entre autre très entrepreneur et montre de belles qualités de leader. Eva peine à l'école et doit refaire une année à 10 ans. Elle a déjà des talents pour les déclamations dramatiques et apprend à jongler.

À 14 ans, elle est toujours aussi misérable à l'école et même ses instituteurs voient en elle une bonne actrice en devenir.

La crise économique de 1929 oblige une large vague de migration. Eva n'y échappe pas et à 15 ans, elle s'installe à Buenos Aires. Elle se trouve vite du travail au théâtre mais vit maigrement avec son grand frère Juan, plus débrouillard. Elle s'impose peu à peu et dès ses 17 ans, on commence à parler d'elle en bien dans les journaux. Elle gagne 100 pesos par mois, soit le salaire d'un ouvrier d'usine d'alors.

À 19 ans, elle est régulière au théâtre, des radio-théâtre et commence même à faire du cinéma où travaille maintenant son frère Juan. Le scénariste de ses radiothéâtre sera plus tard rédacteur de ses discours de Première Dame d'Argentine.

Elle se lance aussi dans les activités syndicales et démontre, à son tour, de belles qualités de leadership, elle aussi.

Veuf depuis 1938, Juan Peron, vice-président et secrétaire à la guerre, fait la rencontre d'Eva lors d'un rassemblement venant en aide aux victime du grand tremblement de terre de 1944. On appelle aussi affectueusement Eva Duarte, Evita. Ils tombent tous deux amoureux. Ils se marient en octobre 1946. Elle deviendra la première femme de candidat électoral à prendre une part active dans sa campagne et sera adorée de l'avoir fait. Teinte en blonde, ses yeux noisettes resortent davantage et sa beauté épate tout le monde.

Elle militera en faveur du vote des femmes et la pays l'obtiendra dès 1947, avec Juan Peron, président.

L'égalité politique obtenue, elle milite en faveur de l'égalité juridique et le partage égal patrimonial qu'elle obtient aussi en 1949. Elle est si populaire qu'elle est encouragée à fonder son propre mouvement à même le parti: Le Parti Péroniste Féminin. Elle développe et rayonne dans de larges activités sociales. Elle vise, entre autre, à soulager les sans-chemises, I.E. les plus démunis de la sociétés. Ce qu'elle a déjà été. La Fondation Eva Peron fait construire des hôpitaux, des asiles, des écoles et favorise le tourisme en créant des colonies de vacances et en instaurant le sport un peu partout.

Socialement, pour l'Argentine, elle est géante.

Elle officie souvent comme passerelle entre les syndicats et son mari, président. Le mouvement ouvrier l'aime tant qu'il lui propose de se présenter comme vice-président puisqu'elle en a toute l'importance. Elle refusera face à la résistance de son propre parti et parce que sa santé lui joue des tours.

En effet, elle est atteinte du cancer du col utérin. Elle n'a que 32 ans.
Le cancer est fulgurant. La médecin des années 50 en Argentine (ou ailleurs), impuissante.

Elle écrit alors La razon de mi vida (la raison de ma vie) et Mi mensaje (mon message) qui seront de puissants best sellers en Argentine. Son dernier souffle.

Elle décède en 1952, à 33 ans, plongeant le pays dans un deuil national lourd.

Son destin a inspiré nombres d'oeuvres cinématographiques, musicales, théâtrales et littéraires. Eva Peron n'a jamais quitté la conscience collective de l'Argentine.

Elle décédait beaucoup trop jeune, aujourd'hui, il y a 65 ans.

mardi 25 juillet 2017

La Musique de la Sagesse

Je n'avais que 20 ans quand j'ai commencé à m'intéresser vraiment au jazz. Ça coïncidait avec l'essor du grunge (qui ne me rejoignait pas du tout), une fascination grandissante pour Tom Waits, une passion pour Woody Allen et un job d'été au Festival...de jazz.

Je me souviens même avoir menti sur ma connaissance (D'alors) de Charles Mingus à un client.
Me honnissant pour ce réflexe idiot.

J'étais, suis encore, un rare amateur de jazz dans mon cercle d'amis. Encore aujourd'hui, pour travailler à l'ordi, je me mets souvent une playlist glanée ici ou , pour meubler le bruit du clavier.

Je ne l'ai pas réalisé tout de suite, mais, amoureusement, la même année, je me casais pour toujours avec la même femme. Je devenais plus sage.

Avec le temps, mon amour du jazz n'a pas ralenti. Encore maintenant, au moment de travailler un dossier de traduction, j'avais Chet Baker en trame de fond (J'y traduisais des bienfaits d'utiliser du pin traité à l'arséniate de cuivre dans les structures, how sexy...).

Lorsque je suis allé voir nostalgiquement Duran Duran l'été dernier au Festival d'Été de Québec, j'ai été surpris d'avoir été pratiquement davantage séduit par quelqu'un que je n'avais jamais vu sur scène: Bryan Ferry.

J'ai adoré Roxy Music.
L'écoute encore à l'occasion. En m'entraînant. The Thrill of it All ou Mother of Pearl en joggant:
OUH! OUH!

Après la spectacle (Ferry était en première partie de DD), je m'étais ajouté sur mon cell une playlist de Ferry. Toutefois, l'enthousiaste qui avait fait la playlist transférée sur mon cell avait placé 190 chansons...beaucoup trop pour moi.

J'ai fait un premier tri l'été passé et ai ramené tout ça à 65 chansons en soustrayant pratiquement toutes les reprises.
J'ai déjà Bowie et les Stones, des artistes qui m'ont davantage marqué dans ma vie, réduit à 40 chansons sur mon cell, Des chansons qui me touchent. J'avais donc le même objectif avec Ferry. Je suis redescendu cet hiver à 47.

Vendredi dernier, je réussissais à me garder 40 chansons qui me plaisent réellement. Mais je ne pouvais que constater aussi que cette même musique, entre 1983 et 2003, ne m'aurait pas autant intéressé. Qu'est-ce qui avait changé? La maturité?  J'en ai quand même pas tant que ça. Je me plains encore des arbitres dans les matchs des Canadiens au hockey.

La musique de Ferry me plait car il s'y cache des arrangements aériens qui me font voyager. Je ne vois pas de musiciens jouer certains passages d'arrangement puisque je n'y distingue aucun instrument. Même le saxophone sur certains morceaux a des sons surréalistes. Je lui trouve aussi un côté "class" et raffiné que je trouvais aussi à Bowie à une certaine époque. Une finesse auquel j'aspire parfois. Et de plus, Ferry se commet dans le jazz*, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Je m'aperçois que sa musique qui me touche le plus, il l'a composée entre ses 27 ans et ses 45. Des âges en moi. Mon âge de papa en fait. Ça doit y être aussi pour quelque chose.

Mais quand je vous ai parlé de la fake playlist de Selfie Trudeau la semaine dernière, je découvrais un clip que je n'avais jamais vu auparavant sur une chanson de Dire Straits que je connaissais pourtant. Le clip était si mauvais, siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii mauvais, des choix impardonnables...illustrer "explodes" par une explosion, illustrer "chains & silver" par une chaîne en argent, des mouvements de hanches inconfortables, un zoom terrorisant sur un conducteur dans un car wash...Aaaaaaargh!!!!  la chanson a été teintée pour toujours dans ma tête par ce clip dont on avait pas compris l'importance de la valeur en 1980. Enfin peut-être, puisque le band a choisi de se soustraire au clip dès la 28ème seconde en jouant les morts.

La chanson pourtant me plait beaucoup. Ce qui m'a donné une envie de playlist qui n'aurait pas non plus trouvé place dans mon coeur entre 1983 et 2003. Bien que beaucoup moins intéressante que Ferry (pour moi, calmez-vous...), la musique de Knopfler m'a fait ajouter 12 morceaux sur une playlist.

Telegraph Road, Six Blade Knife, Walk Of Life, Heavy Fuel, So Far Away, Love Over Gold**, Sultan of Swing, Calling Elvis, Private Investigation, Romeo & Juliet, Brothers in Arms (un bijou) et Money For Nothing.

De la musique encore très sage. Aux côtés de morceaux sur ce même cell plus...rebelles dark et anarchiques.

Ce n'est qu'après que je me suis rendu compte que dans mes chansons de Ferry, il y en avait une...avec Mark Knopfler...

Comme quoi y a une direction inconsciente dans ce qui me plait.
Une sensibilité équilibrée.

* Seul album de Ferry que je possède chez moi en cd.
**Sur lequel on reconnaît les accords de Private Dancer de Tina Turner, chanson aussi signée Mark Knopfler.

lundi 24 juillet 2017

Le Château de Cartes d'Ed & Lindz

Quand, en 2003, Lindsay a rencontré Ed, ils étaient totalement différents l'un de l'autre.

Elle était aventurière, exhibitionniste, artiste et démocrate, Lui, était discret, potentiellement studieusement fort ennuyeux, un brin paranoïaque, et fort rigoureux. Il ne se déclarait pas républicain mais n'aurait probablement pas voté pour Barack au moment de rencontrer Lindsay.

Mais les opposés s'attirent. Et ils se sont installés ensemble à Oahu, à Hawaïi, où Ed travaillait pour la NSA et Lindz travaillait comme danseuse acrobatique et instructeur de danse au poteau. Mais la nature de ce que gardait Ed en lui a forcé le couple à temporairement se scinder. Ce serait Ed contre le monde et il le savait très bien.

Ils ne se sont jamais fait d'adieux convenables, mais Lindz & Ed allaient devoir vivre un temps séparément.

On connait tous la suite pour Ed. Réfugié à Hong Kong, il a invité un journaliste et une documentariste et leur a révélé tout ce qu'il savait d'illégal sur les méthodes d'écoute des États-Unis dans le monde. Ces remords étaient aussi immenses que ses révélations. Quand tout ça a été rendu public en 2013 dans le Guardian, la planète en reste secouée.

Peu de temps après, l'Hôtel où se trouvait Ed sera assiégé par des journalistes du monde entier. Parmi eux, Julian Assange, un chien de garde héroïque que les faucons du monde chassent encore. C'est lui qui offrira un sauf-conduit à Ed. Il le glissera dans le quartier le plus pauvre de Hong Kong. dans une famille de réfugiés. Puis dans une autre. Puis dans une autre. Deux semaines d'errances comme ça. Caché du monde.

Ed dénonce parce que son gouvernement des États-Unis prend tout le monde pour des idiots (continue de le faire) et qu'il ne veut plus faire partie de la mascarade. Le masque tombe. La vérité est en marche et ne pourra être arrêté. Les États-Unis envahissent la vie privée mondiale sans scrupules. Maintenant tout le monde le sait. Ça pouvait s'arrêter là.

Mais l'acte d'espionnage de 1917 (un acte "moderne" d'un siècle...) le condamne. Les États-Unis exigera demandera de la Chine qu'il extrade Ed aux États-Unis. Hong-Kong ne se laisse pas intimider. Donnez moi une bonne raison de le faire et je le ferai mais vos raisons sont idiotes. Nous n'arrêterons pas Ed Snowden.
Les États-Unis révoquent donc le passeport d'Ed. Afin qu'il ne puisse bouger.

Ed est malin. Il se rend quand même à l'aéroport International de Cheremetievo de Moscou et y demande officiellement l'asile politique à l'Équateur. Au Maryland, où Lindsay vient d'avoir une toute nouvelle perspective sur son amoureux qui ne le rend très certainement pas moins sexy, Ed risque la torture de la part de son pays, ça ne fait aucun doute.

En juin 2013, Ed demande l'asile politique à la Russie. Les États-Unis EXIGENT demandent aux Russe de l'extrader. Les Russes leur disent "shut up, bullies" et Ed obtiendra 4 ans de séjour Russe.

Lindsay pourra même aller le rejoindre. Ils vievent en ce moment ensemble en Russie. Ils construisent leur château de cartes ensemble. Résistent à toutes les formes de vent. Chez les Popovs. Il y a quelque chose de terriblement romantique dans leur vie. ED & Lindz contre le monde entier. Leur château de cartes reste solide. Soufflez, planète, soufflez! Vous ne nous aurez pas.

La semaine dernière, les familles qui ont caché Snowden à ont exigé demandé au Canada de les accueillir. Ils sont visés par de l'hostilité (probablement commandée) de la part d'Hong-Kong.

Le 18 janvier dernier, la Russie a prolongé le droit de séjour de Snowden jusqu'en 2020.

Oliver Stone a tourné un film sur son extraordinaire vie.

Ed & Lindz s'y trouvent dedans.
Ici, à gauche, Lindsay en caméo.

dimanche 23 juillet 2017

3 Papas et Une Maman

"I'm tired of being what you want me to be...
...every step that I take is another mistake to youuuuuuuuuuuuuu"

-Delson/Bennington/Farrell/Hahn/Shinoda/Bourdon

Papa est mort

Chaz s'est fait volé son enfance en 1983. Il avait 7 ans. Un ami légèrement plus vieux jouait avec son robinet. Le manège a duré 6 ans. Chaz n'en parlait pas, sentant simplement de violentes pulsions de fugues ou ayant de réelles envies de tuer. Son propre père était détective spécialisé dans les cas d'abus sexuel, l'ironie était trop grande. Et si ensuite on le considérait gay? Non, le silence serait d'or.

Au secondaire, il lui a dit de cesser et l'a menacé de le dénoncer. Mais quand il a su que celui qui l'abusait était lui-même une victime d'abus, il a laissé tomber. Il s'est tapi dans le silence. Engourdi mentalement.

Il était si maigre que le plaquer, sans raison, dans les cases scolaires devenaient une obligation pour les ados de Phoenix en Arizona. Chaz avait 11 ans quand ses parents ont divorcé. Ça l'a affecté grandement. Marijuana, alcool, opium, cocaine, amphétamines, tout y passait.

"I bleed it out, digging deeper just to throw it away"

Ce mal être devait passer. Jeune adulte, il rêvait de devenir le chanteur de Stone Temple Pilot. C'est Scott Weiland qui le deviendra. À défaut de devenir le chanteur de STP, Chaz deviendra le meilleur ami de Chris Cornell, chanteur d'un autre groupe de grunge important: Soundgarden. Devenant même parrain d'un fils de celui-ci: Christopher Nicolas. Une petit démon blond aux cheveux longs.

Chaz aussi aura son band. La rage s'exorcisera. Il goûtera encore aux paradis artificiels, mais à l'amour aussi. Avec Elka, avec laquelle il deviendra lui aussi papa. Il aura un fils: Jamie, en 1996. Chaz avait 20 ans. Elka avait déjà un fils: Isaiah. Chaz l'adoptera. Papa deux fois.

Il aura eu aussi un autre garçon d'un premier mariage, Draven. Papa 3 fois, de 3 fils. Mais en 2005, il se sépare de la maman de Draven. Il reste ami avec Elka et la mère de Draven. Chaz a trop souffert de rejet plus jeune pour lui-même rejeter ceux qui lui ont donné de l'amour. La tentation de Talinda était trop grande. Le couple se sépare, mais il en forme tout de suite un autre.

Chaz épouse Talinda en 2006. Il a un autre fils: Tyler Lee, puis des jumelles Lila & Lily.

Chaz est papa 6 fois. Quand il pense à ses enfants, quand il joue avec. il est le plus heureux des hommes. Voilà une enfance comme il n'en a pas eu. Mais quand il compose pour son band. Il est sombre, et habité de monstres.

Il réalise son rêve et sera chanteur de Stone Temple Pilot en 2013. Mais il est commis à ses amis Shinoda, Delson, Farrell & Bourdon et restera membre de leur band, quittant STP auquel il ne peut quand même pas s'investir tout autant.

Son ami Cornell se pend il y a deux mois.
Chaz choisit la même chose le jour qui aurait été celui des 53 ans de Cornell.  Chaz en avait 41.

Il a fait 6 orphelins de père. Il y avait de la rage chez Chaz. mais aussi de la maladie mentale.
Ses chansons trahissaient pourtant tout.

Papa a tué maman

Orenthal James fait de la prison à 15 ans. Parce qu'il est de la gang de Persian Warriors et commet des crimes de petite vermine des rues. Il court comme une gazelle. Ça le rendra superstar à l'université autant comme joueur de football que comme coureur de 400 mètres.

Il sera repêché par les Bills de Buffalo et deviendra le meilleur joueur de la NFL dès sa seconde saison de cette ligue en 1973. On le surnommera "The Juice" toute les années 70.

Quand Orenthal rencontre maman, elle a 18 ans et elle est serveuse dans un club privé de Beverly Hills. Mais Orenthal est déjà marié. Ce qui ne les empêchera jamais de se fréquenter quand même. En 1979, Orenthal divorce sa femme pour pouvoir fréquenter plus librement Nicole, la serveuse. Le noir conquérant la belle blanche, le symbole est gros. Cinq mois après le divorce, sa plus jeune fille de son premier mariage, pas 2 ans encore, se noie dans la piscine familiale. La mort, papa connaîtra.

Sydney naît de Nicole et The Juice en 1985. Justin naît de Nicole et The Juice en 1988. Papa est cool. Il est une superstar des années 70, traité comme un Dieu. Il fait aussi de la télé et fait rire. Mais maman ne rit pas. Papa la brutalise. Pendant 7 ans, c'est l'orage. Quand il lui dit "je vais tu tuer" elle ne prend plus de chances et demande le divorce.

Papa ne l'acceptera jamais. C'est lui qui prend les décisions, pas elle. Quand maman commence à fréquenter un ami serveur, papa disjoncte. Il les tue tous les deux. Papa est un assassin, mais personne ne le comprendra. Sinon Nicole et son chum. Maintenant morts. Toutes les erreurs possibles seront faites pendant le procès de celui qui s'est sauvé quand le couple a été retrouvé brutalement assassiné. L'homme le plus coupable de meurtre au monde a été innocenté.

Mais poursuivi au civil. Et là, il a perdu. Il a été tenu "responsable" de leurs morts. Cette fois il devait la lune aux deux familles des victimes. Il est redevenu vermine des rues. Il séquestre, vole à main armé et agresse des gens qui vendent des articles de sports le concernant. Il les kidnappe. Papa sera finalement condamné pour 33 ans en dedans. Probablement dans un peu de poussière de ce qui était arrivé à maman et son chum.

Il avait droit à une potentielle libération, 9 ans plus tard. Il l'aura. Papa sera libre en octobre.

Sid avait 10 ans quand papa a tué maman. Elle a aujourd'hui 30 ans et a sa propre business à St-Petersburg en Floride.

Justin avait 6 ans quand papa a tué maman. Il en a aujourd'hui 27 et a aussi sa business commen agent d'immeuble, toujours à St-Petersburg en Floride.

L'assassin de maman sera là pour l'Halloween.

Je suis plus vieille que papa & maman

Papa était président de la montagne en Suisse. Il allait toujours nourrir nos animaux dans la montagne suivant la même routine et le même trajet.
Sauf ce jour-là.
Il avait demandé à maman de l'accompagner. Peut-être pour s'offrir un petit moment coquin puisqu'ils avaient apporté une bouteille avec eux. C'était la première fois que maman l'accompagnait dans sa tournée de la montagne. Ce sera la seule. Papa et maman ne reviendront plus jamais. C'est la grande soeur de 11 ans qui s'occupera des 7 enfants restant derrière.

On a découvert papa et maman, conservés dans la glace, momifiés dans leurs corps de 40 ans et de 37 ans, respectivement. 75 ans après leur disparition. Les deux corps ont réapparus grâce la fonte des neiges.

Le 15 août 1942, ils avaient disparu. 75 ans plus tard, ils ont été retrouvés.

Leur fille de 79 ans, un âge que ces propres parents n'auront jamais approché, leur fera des funérailles digne de mention.  

Paul Auster a ramené quelques fois cette idée de celui (ou celle) qui découvre ses parents plus jeunes dans un bloc de glace.

C'est arrivé à la famille Dumoulin, de Suisse.

samedi 22 juillet 2017

Claude Sautet

Je me rappelle, j'avais exactement 20 ans. Je commençais à sortir avec l'amoureuse. Elle m'avait donné carte blanche pour le film à louer dans le sous-sol de chez ses parents. J'avais choisi Nelly & Monsieur Arnaud. L'amoureuse était plus intéressée par le jeune moi.

Je découvrais Sautet.

Peu de temps après, je visionnais Un Coeur en Hiver et j'étais aussi gagné. Voilà un cinéma sans artifices. Un cinéma de gens vrais. Un cinéma qui ne suit aucune tendance. Un cinéma qui ne traite que de l'humain. Et de ses humaineries. Une délicatesse, une précision qui donnait l'impression d'être une mouche dans la micro cellule entre une jeune femme et un vieux riche qui veut qu'on l'écoute ou une note de musique entre un luthier, une violoniste et un marchand de violons.

Sautet est né en 1924 en Haut-de-Seine en France. C'est comme critique musical au journal Combat qu'il gagne d'abord sa vie. Il sera assistant réalisateur sur 13 films. En 1951, il tourne son premier court-métrage qui sera suivi 4 ans plus tard d'un premier long-métrage mettant en vedette Louis de Funès, Henri Salvador et Jean Carmet. Il désavouera le film.  À 34 ans, il co-scénarise pour George Franju. C'est l'année suivante que le succès lui sourit avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo. Le troisième film amènera encore Ventura avec Sautet mais sera un cuisant échec.

Sautet prendra 5 ans à tricoter son prochain projet. Entretemps il peaufine sa plume et scénarise ou co-scénarise sur 12 films. Son prochain film ne sera pas un polar cette fois. Les Choses de la Vie est d'abord un livre épistolaire de Paul Guimard. Un homme, suite à un grave accident qui le place dans le coma, revisite sa vie, au seuil de la mort. Surtout les femmes de sa vie. Sautet veut Montand ou Ventura et Annie Girardot mais tout le monde passe par dessus le projet. Un ami réalisateur, montre les rushes  du film La Piscine mettant en vedette une Romy Schneider qui n'est plus la saveur du jour. Sautet est impressionné et la choisit pour son film. La complicité sera telle qu'ils feront 4 autres films ensemble. Michel Piccoli sera aussi du film dans le rôle principal. Jean-Loup Dabadie adapte. Les Choses de la Vie sera un formidable succès. Je découvrirai le livre avant le film. Mark Rydell en fait une adaptation aux États-Unis en 1994. Adapté par Sautet lui-même.

Avec ce film, Sautet a trouvé son style. Des portraits intimistes contemporains qui feront sa renommé. Il rescénarise pour Rappeneau. Il l'avait déjà fait en 1965 pour lui.  Il renoue avec Piccoli & Romy pour Max & Les Ferrailleurs, son premier film de "la série des noms". Le film est une analyse d'une relation amoureuse entre un vieil inspecteur et une jeune prostituée, fondée sur la frustration qui conduit au malsain. Ce sera le film préféré de Sautet, mais le film ne rejoint pas complètement son public.

Cesar et Rosalie est bizarrement structuré. On y perd Rosalie trop longtemps, concentré sur César et David qui se disputent son attention. Le personnage de Montand y est nauséabond de tempérament et aussi presque touchant comme un enfant. À l'usure. Une jeune Isabelle Huppert de 18 ans y apparaît. Le personnage de Schneider (Rosalie) devait à l'origine être joué par Catherine Deneuve qui a finalement pris un autre engagement. C'est la seconde fois en autant d'occasions que Deneuve refuse un rôle offert par Sautet. Montand avait aussi refusé le rôle de Max auparavant, mais y est ici, brillant. Le film est le second de la série des noms. un succès.

Vincent, François, Paul et les Autres réunit Montand, Piccoli, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Stéphane Audran, Marie Dubois. Sautet est homme de fidélités. Il travaille toujours avec Labadie aux adaptations, cette fois d'un roman de Claude Néron. Un chef d'entreprise, un médecin et un écrivain se retrouvent entre amis régulièrement afin de parler...des choses de la vie. Un franc succès. Les années 70 seront exceptionnelles pour Sautet.

En 1976, c'est cette fois Claude Néron qui aide Sautet à adapter une nouvelle de Gilberte Chatton. Simon (Piccoli) fait la rencontre d'une jeune femme de 22 ans, Mado (Ottavia Piccolo). Jacques Dutronc y joue Pierre et Romy Schneider, Hélène.

Une Histoire Simple raconte soudainement surtout les femmes. Romy en est, bien entendu. Jean-Loup Dabadie est de retour aussi au scénario. C'est d'ailleurs Schneider qui leur avait demandé de lui écrire un film "de femmes".

Sautet ne le sait pas, mais il tourne avec des acteurs au destin tragique. Un Mauvais Fils met en vedette Patrick Deweare dans le rôle d'un ex-toxicomane de retour chez lui après une peine de 5 ans en tôle aux États-Unis, avant de faire la rencontre d'une ex-toxicomane.

Schneider et Deweare se suicident, la première en mai, le second en juillet 1982.

Garçon! met à nouveau Montand en vedette dans un rôle surexcité. Jacques Villeret et Nicole Garcia sont aussi de la distribution.

Cinq ans plus tard, Quelques Jours Avec Moi mettant en vedette Daniel Auteuil et Sandrine Bonnaire est plus noir.

Avec Un Coeur en Hiver, Emmanuelle Béart en violoniste, André Dussolier en luthier retraité. et Daniel Auteuil en marchand de violons nous offrent une gamme humaine remarquable. La musique de Ravel y est admirablement soulignée. Je serai séduit. Sautet gagne le César du meilleur réalisateur en 1993 pour ce film.

Nelly & Monsieur Arnaud sera meilleur encore, (à mes yeux) avec Béart, et Michel Serreault, toujours fameux, celui-là. Jean-Hugues Anglade y est aussi intéressant. Sautet y gagnera le César du meilleur réalisateur et Serreault, celui du meilleur acteur.

Le film est presqu'une confession.

Ce sera le dernier film de Sautet. un film fort intimiste où Serreault ressemble dangereusement au réalisateur, ce qui rend le film plus bouleversant encore.

Claude Sautet décédait aujourd'hui il y a 17 ans, à l'âge de 76 ans.

Nous privant de sa magie invisible.