jeudi 22 juin 2017

Avant l'Internet

Avant l'internet on pouvait légitimement s'installer dans le salon, la tête penchée sur un livre, les neurones branchées sur des écrits de copie papier, se laisser imprégner par une bonne histoire pleine de bonne idées nous ouvrant sur la vie, lever la tête de temps à autre pour regarder dehors et passer de ce geste à l'autre. Devant une télé fermée. Sans paraître pour un fou.

Avant l'internet on dessinait. On improvisait une ligne sur un bout de papier et on stimulait notre imagination pour transformer ce qui semblait devenir un nuage en alligator.

Avant l'internet on pouvait être privé de souper parce qu'on était pas revenu à temps d'avoir joué dehors toute la journée.

Avant l'internet, avoir une piscine avait une valeur, enfant.

Avant l'internet tu pouvais dire que le corps de Walt Disney, mort, avait été gardé dans un cube de glace Quelqu'un te dirait "bullshit" et ce serait à la plus grande gueule, celle qui avait le plus de panache, la plus Oscar Wilde, celle qui rallierait le plus brillamment le public autour, qu'irait la victoire du débat. Aucun dictionnaire portatif ne pouvait confirmer/infirmer l'assertion.

Avant l'internet pour savoir le temps qu'il ferait il fallait être à l'écoute des nouvelles le matin, le midi ou le soir, appeler quelque part où tout le monde appelait, ou encore sortir son corps dehors en regardant le ciel comme un indien pour se mettre en tête une approximation du temps qu'il pourrait faire.

Avant l'internet tu pouvais changer d'école et personne ne saurais rien sur toi. Tu serais entièrement à découvrir. Tu n'aurais pas de passé ou d'histoire rendue inexplicablement publique. Tu pouvais t'accoter sur ton casier avec le regard le plus énigmatique et les gens auraient peut-être envie de vouloir alors en savoir plus, en te parlant. On pouvait aussi voir dans tes mouvements si tu étais une princesse, un tomboy ou un peu des deux. Personne ne saurait que tu as une collection de corneilles empaillées dans ta chambre parce que ton frère n'aurait pas pu les prendre en photos en passant des commentaires de frère rival sur le sujet et rendre ton hobby trop connu publiquement. Tu pourrais avoir l'air sincèrement troublé par ta simple manière de placer ton oeil dans le regard de l'autre, ça te rendrait mystérieux un petit peu, mais ça te rendrait surtout important dans la tête de l'autre.

Si quelqu'un voulait retrouver un(e) ami(e), pas vu depuis longtemps, bonne chance.

Avant l'internet faire un premier contact avec quelqu'un qui nous intéresse relevait du défi. Il fallait d'abord connaître le nom du père de la personne et qu'il y en ait pas 7 dans le bottin téléphonique du même nom (Jean-Pierre Côté? Christ!!!!!). Il fallait aussi souhaiter que la personne qui nous intéresse habite avec. (Les divorces naissaient tout juste, mais existaient quand même).  Fallait ensuite dénicher son numéro de téléphone (à fil) en misant à coup d'essai/erreur sur le bon papa dans l'annuaire. Une fois le numéro trouvé fallait appeler à tout hasard (généralement tout juste après le souper) et souhaiter que ce soit la personne recherchée qui réponde. Si on tombait sur le papa, la maman, ou pire, le frère ou la soeur, fallait demander en souhaitant qu'ils ne partent pas à rire, qu'ils ne posent pas de questions (Pourquoi tu veux parler à Karine, mon petit garçon?) ou qu'ils ne brisent pas votre tentative de subtilité en hurlant ensuite "KARIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINA! Y un Gaaaaaaaaaarçon au téléphone pour toi Whouu! Ou!!!".
Fallait aussi ensuite avoir de quoi à raconter qui dépasse le "Tsé le devoir..." et dont le lien serait tout aussi subtil. Tout ça était aussi rendu possible seulement si le grand frère/grande soeur/papa/maman n'avait pas choisi de vous filtrer en mentant sur l'absence presqu'en tout temps de la personne pourchassée.

Avant l'internet les harceleurs avaient la vie dure.

Avant l'internet, tu pouvais lire dans un parc un livre de qui que ce soit, ce serait quelque chose de tout à fait légitime à faire, et personne ne saurait que vous l'aviez faite à moins que vous ne leur en parliez. Vous pouviez aussi manger une salade, vous gâter avec une crème glacée ou boire un café sans que personne ne le sache. D'ailleurs tout le monde s'en foutait. Tes états d'âmes étaient personnelles et tenir une discussion au téléphone publiquement relevait de l'effronté culot.

Avant l'internet tu pouvais te poser des question sur l'ancien temps et ainsi demander à ton grand-père de t'en parler. Mais tu te ferais prendre à écouter The Bridge of the River Kwai dans le sous-sol avec lui. Voulant te sortir de cette situation, tu prétexterais faussement une envie pour monter à l'étage et te rendre à la salle de bain. Tu bifurquerais vers le frigo par la suite, te prendrais à boire pour mieux retarder le retour vers le sous-sol, tu fixerais les aimants sur le frigo en te demandant comment ça tiens. Puis, pour aucune raison tu te mettrais à danser, entendant soudainement de la musique dans ta tête. Et tu te demanderais si un jour tu pourrais devenir chorégraphe ou réalisatrice de musique vidéo. La question n'irait pas plus loin parce que tu n'aurais pas beaucoup de moyen de le savoir. Faudrait que tu demandes à Monsieur Gladu, le conseiller en orientation. Mais tu le soupçonnais de pédophilie. Sinon de perversité. Tu retomberais dans la fixation des aimants. Comment ça fait pour tenir? tu ne le saurais jamais.

Avant l'internet. pour te garder les pieds dans le réel pendant une conversation au téléphone, en faisans des dessins sur du papier.

Avant l'internet tu avais peut-être une vie sexuelle.

Avant l'internet tu regardais les gens dans les yeux.

Et c'était beaucoup moins creepy que de commenter sans arrêt ton statut Facebook.

Avant l'internet c'était pas mieux. C'était vieux.

mercredi 21 juin 2017

Quelqu'un Qui Voulait Se Faire Entendre

Au travail, il y a cette nouvelle.

Très adorable. Professionnelle. Sérieuse. Fort intelligente aussi.

Elle est attirante de bien des manières.

Dans l'entrepôt, au travers de sa blouse et de son chandail, je lui ai dégrafé son soutien-gorge. Rien ne s'est vraiment passé par la suite.

Dans une réunion, au bureau, j'étais assis face à elle. Par dessous la table, je lui ai pris son pied pour le mettre entre mes jambes, sur mon propre siège. À une autre occasion, occasion festive au bureau, je lui ai donné une claque sur les fesses.

Une dernière fois, j'avais mal au dos. J'ai 45 ans. Elle, autour de 28. Je travaille beaucoup physiquement, mettant mon dos régulièrement à l'épreuve. Il vieillit lui aussi. Je lui ai demandé de m'appliquer du Voltaren dans le dos. Elle a d'abord refusé. J'ai insisté puis elle a fini par céder. Quand elle a appliqué la crème, hihihi, mon pantalon est tombé au sol.

(...)

Non.

Rien de tout ça n'est vrai.

Tout ça, serait arrivé à une aide de l'ex-ministre Pierre Paradis.

Vous trouvez cela déplacé?
Inapproprié?
Injustifiable?
Ça l'est.
Ceux qui ont décidé qu'il n'y aurait pas d'accusations ce sont le Bureau du Directeur des Poursuites Criminelles et Pénales. Ce ne sont pas les Libéraux. En fait oui. Puisque le bureau est gouvernemental et que le gouvernement est aussi Libéral.

On a dit. à la jeune femme qui avait trouvé le courage d'en parler à Phillipe Couillard lui-même dans la foulée des révélations sur le député Gerry Sklavounos, puis à nouveau, à l'automne 2016, quand rien ne se passait encore sur le sujet. que ses paroles n'étaient pas assez convaincantes, prouvables, pour que l'on puisse y faire quoi que ce soit.

Quand Paradis a été écarté du caucus Libéral, on a d'abord annoncé que c'était parce qu'il avait fait une chute et qu'il en avait résulté une commotion cérébrale à son endroit.
Mauvaise menterie ou drôle de hasard, on a vite été obligé de dire que oui, c'était en fait plutôt surtout parce que des accusations de gestes injustifiables étaient placées contre lui qu'il fallait le mettre sur les lignes de côtés tant que la lumière ne serait pas faite autour du député de Brome-Missisquoi. . Que quelqu'un voulait se faire entendre. Ce sont les mots exacts utilisés par le caucus Libéral.

Quelqu'un qui était ailleurs professionnellement, depuis un bout de temps, mais que le passage auprès du ministre de l'agriculture (d'alors) avait tant affectée qu'elle ne pouvait ni se se regarder dans le miroir de la même manière, ni dormir sans inconfort. Peut-être même que lorsqu'un copain lui demanderait de lui crémer le dos de quoi que ce soit, elle aurait un léger malaise.

Cette femme qui voulait se faire entendre s'est fait dire, on t'a entendue. Mais c'est trop peu pour que l'on puisse prouver quoi que ce soit. Je comprend le côté justice de la chose. On ne devrait pas faire témoigner sur de bêtes et douloureux "ta parole contre la mienne".
Mais je comprend davantage la femme qui devrait composer avec ce type de comportement au travail. Et avec ce qu'elle a problablement vécu en se le gardant dans ses tiroirs de l'indignité et de honte. Elle a beaucoup de raisons de ne plus croire en l'homme.

L'harmonie est une voix individuelle qui, le temps d'un souffle, ne fait qu'un avec son époque.

Le rythme des harmonies de cette femme a été brisé.

Mais nous ne cesserons jamais de faire de la musique.
La musique de Pierre Paradis devra être associée à tout ceci à jamais.

Malheureusement, elle habitera la jeune femme tout aussi longtemps.
Quelqu'un qui voulait se faire entendre.
Tue.
Mais aussi un pue tuée.

mardi 20 juin 2017

Bugsy Siegel

(Photo explicite en toute fin)

Benjamin Siegel est le deuxième enfant d'une famille de 5, juive et extrêmement pauvre de Williamsburg, Brooklyn. Enfant, il se jure de devenir quelqu'un qui ne sera jamais reconnu comme pauvre. Et il se dit qu'être riche, c'est d'abord avoir le pouvoir de dépenser.

Mon père disait la même chose. Et non seulement la ressemblance physique peut être frappante d'avec mon père, mais certains profils psychologiques aussi...

Ben Siegel a un tempérament bouillant et explosif.

Adolescent, il quitte tôt les bancs d'école et se joint à un gang de rue de Lafayette Street où il se lie d'amitié avec Moe Sedway. Avec lui, il met sur pied un système de "protection" où les vendeurs ambulants en charrette (nous sommes dans les années 20), sont forcés de lui verser de l'argent, sinon il met le feu à leur marchandise. Siegel a un dossier criminel qui comprend des accusations de vol à main armé, de viol et de meurtre dès son adolescence.

Ami, ado, de Meyer Lansky, ils seront partenaires dans un réseau de vol de voitures et de paris illégaux. Lansky et Lucky Luciano ont eu maille à partir ensemble, Lansky décide donc que sa gang (de juifs) devra s'organiser elle aussi comme la Mafia le fait si bien. La première personne qu'il recrute est son ami Ben.
Siegel devient contrebandier d'alcool. La Mafia l'engage aussi comme contractuel pour assassiner des ennemis. On le dit si explosif parfois qu'il en aurait des bebittes dans la tête. On le surnomme "Bugsy", ce qui l'irrite au plus haut point. L'association d'affaires entre Lansky et Siegel est appelée The Bugs and Meyer Mob.  Ils ont du succès à New York et au New Jersey. Ils détournent et volent les cargaisons rivales. Siegel n'a peur de rien (ou est inconscient). Quand tout le monde se demande encore quoi faire, il est déjà en train de tirer ou de frapper. Il est dangereusement impulsif.

Comme il était aussi un ami d'enfance d'Al Capone, quand un mandat d'arrestation est émis contre Capone, il tombe dans les bonnes grâces de la Mafia en le cachant chez l'une de ses tantes. Vers ses 21 ans, il est riche, il flambe beaucoup d'argent, se tape bien des femmes et s'achète un appartement au Waldorf-Astoria Hotel et une maison Tudor dans le comté de Scarsdale à New York.

En 1929, Siegel & Lansky sont du meeting avec les familles mafieuses italiennes à la conférence d'Atlantic City qui décidera des structures de fonctionnement. On s'entend avec Lucky Luciano. Plus personne n'attaquera les juifs. Il épouse la même année une jeune femme juive et aura avec elle, deux filles. Ce qui ne l'empêchera pas de fréquenter les femmes qu'il trouve de son goût. Il aime beaucoup charmer. Il en a les yeux.

En avril 1931, Siegel serait un des 4 tireurs qui assassinent Joe Masseria sous les ordres de Lucky Luciano. 5 mois plus tard, il serait aussi des tueurs déguisés en policiers qui suppriment Salvatore Maranzano dans son bureau, meurtre qui marque le début du crime organisé moderne.

Luciano & Lansky forment le Syndicat National du Crime duquel fait solidement partie Bugsy Siegel. La branche The Bugs and Meyer Mob devient Murder Inc. Il n'est arrêté qu'une seule fois durant cette période, en 1932 à Miami, pour vagabondage et pari illégal et paie sa caution cash, un billet de 100$ tiré d'un rouleau de plusieurs billets de 100$.

Les trois frères Fabrizzio tentent d'assassiner ET Siegel ET Lansky. Siegel et sa bande liquident deux des trois frères. Siegel s'enregistre comme patient à l'hôpital et assassine ensuite le dernier frère restant. Il a un alibi. Il est officiellement à l'hôpital au moment du meurtre. Maintenant plein d'ennemis, on lui suggère de s'établir en Californie pour se faire oublier. Il recrute Mickey Cohen comme lieutenant en chef et travaille un peu la route de la drogue entre les États-Unis et le Mexique.

Il se fait beaucoup d'amis à Hollywood en Jean Harlow, George Raft, Cary Grant, Clark Gable, Gary Cooper, Louis B. Mayer, Jack L. Warner, Tony Curtis, Phil Silvers et Frank Sinatra. Il est aussi très près de la comtesse Italienne Dorothy DiFrasso qui lui fera rencontrer Benito Mussollini à qui Siegel tente de lui vendre des armes.
Il côtoiera aussi les nazis Hermann Göring et Joseph Goebbels qu'il déteste illico et qu'il propose d'assassiner lui-même. En fier Juif. La comtesse le décourage de la chose. Siegel fait beaucoup d'argent dans des réseaux de prostitution et fait 500 000$ par jour comme bookmaker. Il achète de nombreuses propriétés et en revend tout autant. Faisant toujours fortune. Il emprunte quand même aux stars de cinéma et ne les rembourse jamais, sachant que les célébrités ne voudraient jamais être associées à lui trop publiquement, ils n'insistent donc jamais. Il leur soutire quelques 400 000$. Siegel force des grèves de techniciens pour ensuite obliger les studios à les payer mieux. Se prenant toujours une bonne "cut". Il a comme maîtresse l'actrice Virginia Hill.

En 1939, Harry Greenberg menace de devenir délateur. Siegel, Whitey Krakower, Frankie Carbo et Albert Tannenbaum assassinent Greenberg. Tanenbaum se fait prendre et promet de témoigner contre Siegel. Carbo et Karkower sont aussi écroués, mais Krakower est vite assassiné avant quoi que ce soit. En prison, Siegel a un traitement royal. Il mange de somptueux plats et a le droit de visite de femmes. Quand deux témoins potentiels sont assassinés, les accusations deviennent difficiles à prouver, le procès échoue. Siegel est à nouveau arrêté pour Bookmaking mais les témoignages de George Raft et Mack Gray le sauve encore.

La réputation de Siegel a été pas mal ternie avec le procès qui a révélé publiquement son passé, il doit se réinventer.

William Wilkerson, fondateur du magazine The Hollywood Reporter et qui avait découvert Lana Turner,  a un projet d'hôtellerie dans le désert du Nevada: The Flamingo Hotel. Siegel s'impose dans son projet et le force, sous menace de mort, à vendre ses parts pour que Siegel en soit l'unique proprio. Le Syndicat mafieux financera tout ça, mais s'entend sur 2 millions. Siegel fait exploser les coût, les triplant. Il dit à voix haute devant le principal contracteur qu'il a tué au moins une douzaine d'hommes dans sa vie. Devant le regard paniqué de celui qui résiste à plusieurs de ses décisions douteuses, Bugsy le rassure en lui disant`"ne t'inquiètes pas, on ne se tue qu'entre nous".

Siegel donne ses rapports de dépenses pour l'Arizona et le Nevada mais refuse de déclarer quoi que ce soit de la Californie au Syndicat qui le finance. Il considère qu'il est le seul qui devrait avoir droit de regard sur les dépenses en Californie. Déjà que le syndicat grince beaucoup des dents sur ses dépenses démesurées autour du Flamingo Hôtel. L'Hôtel casino ouvre ses portes le 26 décembre 1946 dans une météo catastrophique. Tout n'est pas prêt. Les pertes seront énormes. 275 000$ dans les deux premières semaines. Fin janvier 1947, L'endroit est fermé.

On améliore l'endroit, on réouvre en mars, les profits commencent à entrer un peu. Mais la confiance autour de Siegel n'existe plus. Plusieurs théories se croisent sur le pourquoi de l'assassinat qui allait suivre, mais en somme, on ne veut plus de Bugsy Siegel vivant.

Dans son salon, il est tiré au travers de la fenêtre à maintes reprises au corps et deux fois à la tête. Une des deux fois, la balle lui passe au travers de l'oeil et l'image fait sensation. Françis Ford Copolla l'honorera dans The Godfather, puis la mafia elle-même en parlera toujours comme du "Moe Greene special" (en hommage au personnage du Godfather, tué par l'oeil) par la suite. Tout le personnage de Moe Greene est inspiré de Bugsy Siegel.

Bugsy Siegel est assassiné à l'âge de 41 ans, aujourd'hui, il y a 70 ans.

Deux jours après la naissance de mon père...

(...qui capturera une partie de son âme?...)

lundi 19 juin 2017

Couleurs Systémiques

Mes études de martiens sur la race humaine me désolent.

Quand les gouvernements nous servaient de l'austérité en vrac, on avait, au Canada, une gouverneure générale qui avait la main lourde dans les fonds publics pour ses besoins personnels. Michaëlle Jean a un sens de la perspective bien personnel en ce qui concerne ses dépenses personnelles qu'elle ne départage pas des dépenses publiques.

Elle n'est plus princesse gouverneure générale du Canada, elle est maintenant Secrétaire Générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie. Quand elle a quitté ses fonctions de Gouverneure Générale, elle a laissé la très vive impression qu'elle avait abusé des fonds publics. Personne n'a été sympathique à sa cause qu'elle jugeait exagérée de son trône.

Lise Thibault qui déclare faillite au moment d'écrire ceci, était lieutenante-gouverneure du Québec. je me dois d'écrire dans mes rapports extra-terrestres que le titre de "gouverneur" oblige des abus d'argent. La fonction perturbe visiblement les jugements.

Maintenant Secrétaire Générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie, elle était de passage ;a Montréal la semaine dernière pour nous parler de son nouveau rôle. Mais vous savez quoi? Personne, mais personne n'a retenu quoi que ce soit de ce qu'elle avait à dire ce jour là. Tout ses propos ont été détournés par de nouvelles accusations de robinets franchement trop ouverts.

Michaëlle a eu la très mauvaise idée de ne pas dissiper les doutes. Elle est arrivée en parfaite reine. Elle s'est pointée à l'Hôtel Bonaventure entourée de trois gardes du corps est arrivée et a quitté en limousine, elle avait absolument tout de la célébrité. Son arrivée à elle seule transpirait la dépense inutile.

Elle a bien tenté de se défendre en mentant disant qu'elle avait passé entre trois et quatre mois sans eau chaude, le Festival Juste Pour Rire l'a tout de suite appelée pour une idée de routine.

Y a des valises trop pleines du côte de la reine. Michaëlle les vide.
Y a des valises trop pleines du côté de la plèbe. ça ne rentre plus.

Michaëlle dit que tout ça n'est que du bruit pour rien.
Tu es le bruit. Nous sommes ton rien.

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Bill Cosby a violé. Maintes et maintes fois. Ça reste à prouver. Mais autant de femmes, de tout âge, avec la même histoire de réveil, déshabillées, et entreprises contre leur gré, ne laisse pas beaucoup de place au doute.

Quand la cause est née, c'est un humoriste qui lançait de manière entendue "que tout le monde savait". Puis, des dizaines et des dizaines de femmes ont pris leur courage à deux mains et ont choisi de tenter de retrouver cette dignité perdue il y a de cela vraiment trop longtemps. Plus de 60 femmes. C'est beaucoup trop pour qu'il n'y ait pas anguille sous roche.

La thérapeute canadienne Andrea Constand, 44 ans, a été attouchée un soir de janvier 2004. Bill dit que c'était consensuel, pas elle. Il avoue lui avoir donné une pilule sédative, mais prétend que c'était pour la relaxer parce qu'elle se disait très stressée. Ça l'a endormie, dit elle. Pas lui. Trop gris. Le jury n'a pas trouvé de verdict unanime.

Le procès a donc été avorté.

Des plus de 60 qui se disent victimes du prédateur, seulement 13 ont choisi de le poursuivre. Certaines n'ont pas trouvé le courage, la force et les moyens de le faire. D'autres ont attendu trop longtemps pour le faire. Bref, seulement 13 ont choisi de le poursuivre. Un juge, n'a accordé le droit de poursuite qu'à une seule de ses 13 victimes: Kelly Johnson, présumémment violée en 1996.

Quelque chose me dit qu'elle ne gagnera pas non plus.

Mes notes sur les terriens dans les causes à l'égard des femmes violées depuis des années ne vont que dans une direction.

En faveur des hommes.
C'est d'une tristesse abyssale.
Avec forte instance sur les deux dernières syllabes.

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Jeronimo Yanez est policier. Philando Castile est noir. Ils sont tous deux des États-Unis, Ils ont donc tous deux de fusils. Le 6 juillet dernier, Le premier exige au second de placer sa voiture sur l'accotement car celle-ci a un phare de grillé. On doit procéder à un contrôle de vérification.

Quand Yanez demande les papiers de Castile, celui-ci lui précise qu'il porte un fusil sur lui, mais qu'il en a la permission et les papiers. le choix de mots lui est fatal. En voulant sortir ses papiers d'identification, le policier pense autre chose et le tire. Devant sa blonde et sa fille de 4 ans. Le policier lui tire dessus 7 fois. Philando n'existe plus sur notre terre.

La victime est noire. Ça ne faisait aucun doute, le policier sera innocenté. Confirmé la semaine dernière. Des marches du désespoir se terminant dans le chaos ont lieues à St-Paul, Minnesota depuis. Principalement des noirs qui veulent justice. Ne serais-ce qu'une fois.

Mais ils avaient été avertis.

"Time to take our country back!" avait dit Donald Trump.

Back from whom?

L'ancien président nègre ou la femme qui lui a presque succédée?

Probablement les deux.
C'est dans mon rapport sur les terriens.

Y a du systémique dans tout ça.

C'est stupéfiant.
Impressionnant.
Péjorativement.

C'est mon Amérique. Systémique.