mercredi 22 novembre 2017

5 Films Dopés

La drogue fera partie davantage de nos vies à partir de juillet 2018.
La drogue est refuge de monde hallucinogène.
De voyage mentaux.
De déchéances parfois choisies, trop souvent fatales.

La drogue est fascination.

Suivra: 5 films axés sur la drogue et son univers, tous tournés entre 1994 et 2001. Et depuis maintes fois recopiés.
Des films comme Midnight Express ou Traffic auraient pou y être mais on y voit moins les effets de la consommation que les conséquences si on se fait prendre en possession ou si on vend.

Les films qui suivront, on "feel" leur drogue.

1995 The Basketball Diaries de Scott Kalvert.
Les droits d'adaptation cinématographique du livre autobiographique de Jim Carroll, racontant son adolescence dans le Upper Manhattan, comme jeune espoir de basketball collégial puis, comme jeune accro aux drogues, ont été achetés dans les années 90 et River Phoenix avouait vouloir jouer le jeune Carroll. Mais ses plans ont changé, il devenait peu à peu trop vieux et au final, il est décédé avant. Leo DiCaprio y campera le jeune Jim Carroll. Qui narre le film d'une voix franchement trop affectée, que l'on voit dans un repaire de drogue à un moment conseillant/fournissant DiCaprio avec de l'héro, et qui chante deux chansons à l'audio. Kalvert a découvert le livre quand il avait 15 ans et a tout de suite pensé à un Catcher in the Rye moderne. Même type de défiance. J'y découvre un acteur qui m'avait beaucoup impressionné dans What's Eating Gilbert Grape?. J'avais aussi mis la main et l'oreille sur la musique de Carroll et son band.

1996 Trainspotting de Danny Boyle.
C'est au cinéma que j'avais vu le premier film de Danny Boyle et j'avais été très impressionné. J'en ai souvent discuté, mais l'adaptation du livre d'Irvine Welsh est fameuse. La trame sonore est parfaite, le casting, brillant. J'ai ensuite aussi lu le livre que j'ai aussi beaucoup aimé. Une bande d'amis écossais se réunit régulièrement afin de se faire des "fix". Un des leurs est un dramatique papa, grand imitateur de Sean Connery. Un autre est espoir de football européen et passe de simple athlète avec beaucoup de potentiel à accro absolu. Le narrateur est fort intéressant et joué par Ewan mcGregor. Une scène de toilette reste anthologique. Aussi dégoutante que planante. Un autre à lunettes est formidablement joué par Ewen Bremner, qui jouait Renton, le narrateur, dans la version théâtre, qui a vu le jour avant le film. Un dernier est une bombe à retardement qui peut exploser pour un rien. L'ensemble est aussi drôle que pathétique. La suite était inutile. Il ne fait aucun doute que Welsh se raconte aussi. Il y joue d'ailleurs. Un petit pusher détestable qui vend des pillules qui font aller aux chiottes trop vite.

1998 Fear & Loathing in Las Vegas de Terry Gilliam.
Adapter Hunter S.Thompson de son vivant ne pouvait pas être facile. Alex Cox a commencé le tournage, puis Gilliam a pris la relève après avoir réécrit le tout à sa main et concordant à la vision de Thompson. Hunter S.Thompson y raconte son gonzo journalisme couvrant une course de moto, mais surtout, roulant en direction de son reportage, avec son ami, l'avocat Zeta Acosta, en décapotable et sous l'effet de multiples psychotiques. Les hallucinations et la paranoïa y sont nombreuses. L'aventure est folle. Un très impressionnant casting y fait des présences. Outre Johnny Depp et Benicio Del Toro dans les deux rôles principaux, ce film comprend des présences de Tobey Maguire, Ellen Barkin, Gary Busey, Christina Ricci, Mark Harmon, Cameron Diaz, Lyle Lovett, Flea, Harry Dean Stanton et Debbie Reynolds. Hunter S.Thompson y fait même un caméo. On le voit faire un face à face avec Depp, dans un bar, quand Depp en voix off dit "There I was...mother of God, there I am, holy fuck! Clearly I was the victim of the drug explosion!".

2000 Requiem for a Dream de Darren Aronofsky
Les droits d'adaptation du livre de Hubert Selby Jr du même nom sont vendus à un producteur en 1997. Aronofsky y voit la même ligne de pensée entre une femme hallucinant sur son régime, entre une fille désespérée et prête à toutes les indignités pour faire un peu d'argent et entre deux amis, supposés vendre de l'héro, mais qui consomment le lot. Chacun aura un destin assez tragique. Selby Jr y apparaît aussi en policier narguant un personnage, travaillant en tôle. Ce qui laisse fortement croire qu'il a, lui aussi vécu ce genre de dépendances. Le film est un habile tour de force artistique où la consommation de drogue y est nettement plus suggérée que montrée. Le montage y est vertigineux, ce qui nous place dans l'état de désorientation des personnages. La musique de Clint Mansell, jouée par le Kronos Quartet est phénoménale et depuis, surutilisée dans des montages sur youtube ou ailleurs. La fin est troublante. Si ça vous donne envie de consommer, il n'y a rien à faire pour vous sauver.

2002 Spun de Jonas Akerlund
Le film met en vedette Jason Schwartzmann, Mickey Rourke, Brittany Murphy, John Leguizamo, Mena Survani, Patrick Fugit, Peter Stormare, Alexis Arquette, Debbie Harry, Eric Roberts et Chloë Hunter (les jambes de Julia Roberts sur l'affiche de Pretty Woman et dont on voit tout de son nu dans ce film). Le film raconte 3 jours de déchéance vécues par le scénariste William de Los Santos dans l'Oregon. C'est le tout premier film de Jonas Akerlund, as du videoclip. La sous culture de l'Oregon, explorée par de Los Santos intéresse Akerlund et son montage, de type videoclip, reflète l'excitation mentale et la confusion lorsqu'une drogue est encaissée par un cerveau. On y rit jaune dans cette comédie noire au chien vert. Et la débauche y est absolue.

J'ai été inspiré par une nouvelle de cette semaine pour cette chronique.

Et j'ai été un peu souri en constatant que j'avais, dans ma collection de films préférés, trois des ces 5 films, qu'un autre, j'en avais le livre (non lu encore), et que le dernier...je venais de le demander dans mes suggestions de cadeaux de Noël...

mardi 21 novembre 2017

Charles Milles Manson (1934-2017)

"No name Maddox" est né à Cincinnati d'une mère, Kathleen Maddox, de 16 ans. Son pédophile de père restera inexistant.

Dans les premières semaines, on le baptisera Charles Milles Maddox. Sa jeune mère esr pendant un temps la compagne de William Eugene Manson. Sa mère fera en sorte que son partenaire deviennent la père légal du petit garçon, encore innocent. Sa mère, une grande buveuse, aurait même vendu son fils pour un pichet de bière à une serveuse, avant qu'un oncle aille le rechercher quelques jours plus tard. Manson grandit sans amour paternel ou maternel.

Il a 5 ans quand sa mère et son oncle se font arrêter pour avoir caché une bouteille de ketchup en guise de fusil et dérobé le contenu de la caisse d'une station service. Manson sera envoyé chez un autre oncle, puisqu'ils écopent de 5 ans de prison tous les deux. Sa mère sort de prison 3 ans plus tard et Manson dira que le câlin qu'elle lui donne alors sera son unique souvenir heureux de son enfance. Charles a 13 ans quand sa mère tente de le placer dans une famille d'accueil, mais aucune place n'est disponible nulle part. C'est une cour juvénile qui le placera à la Gibault School for Boys, à Terre Haute, en Indiana. Après 10 mois, là-bas, il s'en évade et sa mère le rejette à son retour à la maison.

Volant le contenu de la caisse d'un magasin d'alcool, il réussit à se louer une chambre. Il vole pour survivre. Il se fait coincer en volant un vélo et est envoyé dans un centre de délinquance juvénile d'Indianapolis. Il s'en évade le lendemain, on le retrouve vite et il est envoyé dans un nouveau centre. Il s'en évade 4 jours plus tard en compagnie d'un autre garçon et ensemble, ils font deux vols à main armée avant d'aller chez l'oncle du complice de Charles. Il a toujours 13 ans.

Il se fait coincer dans le second de deux vols dans une épicerie. Il est alors envoyé à la Indiana Boys School comme pensionnaire. Il prétend y avoir été sexuellement agressé. Après plusieurs tentatives avortées, il s'évade en compagnie de deux garçons complices, il a 17 ans. Le trio se fait coincer en route pour la Californie dans une voiture volée. Ils avaient volé plusieurs stations service sur la route. Maintenant avec un casier judiciaire, il est envoyé à Washington D.C. à la National's Training School for Boys. Manson ne sait pas facilement lire et est illettré. Un travailler social lui colle dans un dossier un statut d'agressif asocial .

Sur la recommandation d'un psychiatre, il est envoyé dans un centre de réforme de la Virginie où on le classe rapidement comme "dangereux". À 18 ans, les mesures disciplinaires contre Manson ne fonctionnent plus, il est envoyé dans un centre de réforme plus sévère de l'Ohio. Il y sera un garçon modèle, manipulation habile, qui le fera libérer pour ses 20 ans.

Il vit en Virginie avec un oncle et une tante, avec sa mère un peu, épouse une serveuse, vit de quelques larcins et de jobs modestes. Dans une voiture volée en Ohio, le couple se déplace à Los Angeles où il se fait encore coincer. Comme c'est le même crime qu'auparavant et qu'un test psychologique n'est pas concluant, il écope de 5 ans de bonne conduite, mais refait le même vol à Indianapolis et écope cette fois de 3 ans de prison. Manson en prison, sa femme accouche d'un fils. Elle le quitte pendant qu'il est en tôle. Manson tente de s'évader la prison deux semaines avant une audition pour être libéré avant terme, il est recoffré.

Il a 24 ans quand il est le pimp d'une adolescente de 16 ans. En parallèle, il siphonne l'argent des parents riches d'une autre conquête. Il est recoffré pour avoir tenté de forger un chèque, mais une jeune conquête fait un larmoyant plaidoyer afin qu'il n'aille pas en prison et Manson l'épouse afin qu'elle ne soit jamais forcée de témoigner contre lui. 

Il se rend à New Mexico dans le but de vivre comme pimp. Sa récurrence à tremper dans l'illégal font que la police l'a à l'oeil. Il viole toute les clauses de sa probation, forge encore des chèques, exploite des femmes dans la prostitution, en tire des profits, c'est assez, on le coffre pour 10 ans. Il a 26 ans. Nous sommes en 1960.

En dedans, il apprend la guitare d'un collègue de cellule, et rencontre Phil Kauffman, futur gérant de Gram Parsons. Kauffman lui donne le nom d'un contact à qui présenter ses chansons lorsque sorti de prison. On note qu'il est très doué pour attirer l'attention sur lui-même et frôle la narcissisme. Em juin 1966, Manson a passé plus de la moitié de sa vie en prison. Il aurait même demandé y rester quand on le libère en 1966.

Manson s'établira sur une grange dont le mou propri loue l'endroit pour des tournages hollywoodien habituellement et y accueillera plusieurs hippies dans une commune dont il est la charismatique leader y chantant ses chansons. C'est l'été 1968 qui soude ce que l'on appelle maintenant "la famille Manson" comme une communauté hippie importante en Californie.

Mais horriblement malsaine dès l'été suivant.

Manson se convainc que les Beatles lui envoie des messages et, principalement frustré d'être incapable de présenter ses chansons à des gens importants, ou de faire progresser ses contacts avec Dennis Wilson des Beach Boys ou Terry Belcher, producteur, Manson commande aux naïfs membres de sa communautés, les meurtres aléatoires de gens riches sur la rue du Cielo Drive. Tex Watson, Susan Atkins, Linda Kasabian et Patricia Krenwinkel assassinent 5 innocents, dont l'actrice, épouse de Roman Polanski et enceinte de 8 mois, Sharon Tate. Ils peignent des mots grotesques avec leur sang sur les murs. Le crime odieux fera grand bruit.

Manson est si ravi de ses disciples qu'il commande la même chose pour le lendemain. Le couple Labianca est tout aussi brutalement assassiné de la même manière, avec des inscriptions toujours aussi folles sur les murs, en sang.  Dans les jours qui suivront, d'autres membres de la "famille" seront responsables de plusieurs crimes, assauts, vols, dans le but de créer un chaos apocalyptique qui devait contrer l'invasion des noirs en Amérique selon Manson.

Délire.
Plusieurs s'entendent pour dire que le style de vie hippie est mort en août 1969.

On lie Manson à tout ça en arrêtant Bobby Beausoleil à bord de la voiture volée de Gary Hinman, assassiné par Beausoleil. Manson est accessoirement lié aux meurtres de Hinman(l'ayant beaucoup "travaillé" avant le coup fatal) et, 6 ans plus tard à la mort brutale de Donald Shea, un employé du ranch, que Manson croyait de même avec la police et qui était de toute manière haï pour avoir épousé une femme noire. 

Manson, Beausoleil écopent de la peine de mort, mais celle-ci est devenue interdite un an plus tard.

Manson passera le reste de sa sale vie en prison.

Jusqu'à hier où il est passé dans l'autre monde.

Cette tache planétaire, aura eu le luxe extrême de durer 83 ans.

lundi 20 novembre 2017

Ce Que Vous N'êtes Pas

Je me rappelle encore la belle-mère qui disait, pour se faire rassurer, quand nous avons emménagé dans le 450 en 2002 à sa fille:
"Hunter est fier de toute manière, hein?"

Elle disait cela en regardant une partie du terrain moins bien entretenue et qui avait besoin d'un peu d'amour.

Non, pas fier du tout. Pas de mon 450. Et une maison, pour l'Atikamekw que je suis, ce n'est qu'un tipi par lequel on passe de temps à autre pour dormir, s'hygiéner, ou se changer. Ce n'est pas un objet de contemplation pour mon oeil. Je sais reconnaître l'horreur, mais je ne suis très certainement pas celui qui huilera la bagnole pour qu'elle scintille au soleil.

"Tu n'attendras pas qu'il neige trop pour réajuster les deux morceaux de bardeaux croches en avant et en arrière hein? avec ton fils?"

C'est l'amoureuse qui m'a dit ça. Ce qui n'est pas anormal mais qui me fait toujours un peu sourire. Elle s'adresse à celui qui je ne suis pas. Et que mon fils est encore moins: le bricoleur de maison.
Oh! on le fera. Il ne s'agit que d'ajuster deux morceaux de bardeaux, un en avant, un autre arrière, pas d'eau qui coule nulle part, même pas les remplacer. Mais il s'agit d'une opération d'esthétique plus que quoi que ce soit d'autre. Et l'esthétique d'un jumelé du 450....enfin...

J'imagine un gros 10 minutes autour de cette platitude, mais je sais que ça tournera surtout autour d'un avant midi complet de torture, sortir l'échelle...la placer sécuritairement...faire le gland près du toit... ZZZ...

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Roy Moore est un raté des États-Unis. Il a fait un passage dans l'armée des années 60, au Vietnam, et déjà, il causait des problèmes. Officier supérieur, il insistait pour qu'on le salue en tout tant et qu'on reconnaisse son autorité publiquement en tout temps. Ce qui était tout à fait non recommandé puisque ça disait à l'ennemi, qui pouvait espionner à distance, qui était le leader important à peut-être abattre. Moore avait tant d'ennemis à même ses propres troupes qu'il couchait la nuit sur des sacs de sable afin que ses soldats ne lui glisse pas un grenade sous son lit dans son sommeil.

Voyez le genre?

Diplômé dans le domaine du droit, il plaide un peu mais veut surtout travailler au bureau du procureur général. Mais très vite, on enquête sur lui pour des mouvements d'argent louches. On ne trouve pas assez de preuve, on laisse tomber. Vers 1982, il s'essaie comme représentant démocrate de son État. Et perd. Il se réessaie en 1986, perd encore. Juste cela devrait le garder très loin de Donald Trump. Moore retourne à la pratique de la loi et épouse une femme qui est née quand Moore avait 14 ans. Il la connait depuis qu'elle a...17 ans...Comme il perd toujours, il choisit de devenir militant du parti opposé, le Gran' Ol Party, le parti républicain. Avec sa femme, ils sont tous deux lourdement intoxiqués par la religion.

Quand un juge décède en 1992, on chuchote son nom pour le remplacer. On lui donne le poste de remplacement qu'il gagne enfin deux ans plus tard par vote démocratique. Mais comme juge, il n'est pas l'homme de la situation. Il impose une affiche des 10 Commandements bien à la vue dans sa cour et oblige la prière. Si la prière est décriée et débattue en justice, la justice c'est maintenant lui, alors des "technicalités" font dérailler toutes les causes associées.
Un juge supérieur met fin aux niaiseries et lui ordonne d'abandonner la prière mais lui permet de garder sa plaque des 10 commandements dans les 10 jours suivants. Mais encore une fois...ça déraille par magie.

Il fera faire un monument de 5280 livres en granite de 3 pieds par 3 pieds et de 4 pieds de hauteur des deux plaques citant les 10 commandements. Des déclarations de l'indépendance des États-Unis y sont aussi inscrites. Les gens n'ont pas tous tellement apprécié trouvant que la religion avait maintenant le pied pesant dans l'État.
De longues procédure juridiques, jugeant le monument inconstitutionnel, font rage pendant plusieurs années. Le monument est déplacé loin des institutions de l'État. Moore y a mis du sien. Du chien surtout. Et il est devenu persona non grata parmi les juges. On le suspend de ses fonctions en 2003. Va réfléchir, fils de Dieu.

Mais on ne change jamais pour ce que vous n'êtes pas.

9 ans plus tard, les gens ont oublié. Il revient. Il est réélu juge. L'homosexualité est très mal, la mariage de conjoints de même sexe, un crime, la violence est issue de l'homo érotisme, les valeurs de Dieu se perdent et autres calomnies sont sa musique. Rosemary Clooney n'est pas Ariana Grande.

L'an dernier il est à nouveau forcé de quitter ses fonctions parce qu'on prouve qu'au moins 6 fois il a jugé des causes sous l'influence de préjudices racistes.

Depuis que Jeff Sessions a hérité du poste de procureur général , un siège est vacant au Sénat. Le Sénat n'a que 2 sièges majorité en faveur des Républicains. Ils ont besoin de ce siège républicain. Roy Moore est le candidat anti homo, anti musulman, extrémiste de droite et malade de Dieu, et fort favorable à la blanchitude, le plus populaire pour représenter les Républicains.

Mais une femme a dit que lorsque Moore avait 32 ans et qu'elle en avait 14, il l'a sexuellement abusée. Il a nié, mais n'a pas nié avoir approché des jeunes filles qui avait tout juste 16 ans, âge légal de consentement en Alabama. Une femme de 28 ans, en 1991 a aussi ensuite affirmé que Moore lui avait posé de nombreuses questions sur ses filles avant de lui prendre pleinement les fesses. Plusieurs témoins confirment qu'en travaillant avec lui, il était fort attiré par Ariana Grande les très jeunes filles.

Depuis, une autre femme a parlé de molestations de la part de Moore quand elle avait 15 et 16 ans. Trois autres femmes ont parlé de mêmes inconduites quand elles avaient entre 16 et 18 ans. Il se serait aussi forcé sur la bouche d'une employée de Sears. D'anciens collègues ont confirmé qu'entre 1982 et 1985, il errait beaucoup dans un centre d'achats populaire auprès des étudiantes de l'école secondaire et entamait très régulièrement des conversations avec elles. D'un flirt assez clair.

On hurle d'un peu partout que Roy Moore n'a pas sa place au Sénat, ni même dans des rôles sociétaires importants. Qu'il devrait être soigné et suivi. Mais Moore tient bon et veut le siège de l'Alabama au Sénat. Les Républicains encore plus.

Le 12 décembre prochain a lieu le vote.

Cet homme prétend qu'il n'est pas celui que l'on décrit.
On sait tous ça. Ce n'est pas un sénateur.
C'est un prédateur.

Comme son président.

Ces gens ne sont pas honorables.

dimanche 19 novembre 2017

Don Dellilo

Don DeLillo est né dans le Bronx en 1936. Issu d'une famille italo-étatsunienne, ils sont 11 sous le même toit et on y mélange anglais et italien en tout temps.

Il se développe un goût de la lecture dans la vingtaine, quand il obtient un travail de surveillant de stationnement. Ce qu'il fait mal, puisqu'il lit. Mais il découvre Faulkner, Joyce, Flannery O'Connor et Hemingway. Il est aussi largement inspiré par le jazz de Coleman, Mingus, Coltrane ou Davis et le cinéma de Godard, Kubrick, Antonioni, Truffaut, Altman, Coppola ou Scorcese. Une fois sorti de l'université, gradué en communications et en arts, il travaille en publicité pour Sears Roebuck. Quand il commence à devenir bon, on pense à le promouvoir. Dépourvu de réelles ambitions, il préfère quitter. L'idée de travailler davantage ne lui plait pas. Sa première nouvelle est publiée en 1960, dans le magazine Epoch, de l'Université Cornell.

Il prend 4 longues années à écrire son premier roman, qu'il s'étonne de voir publier. Americana raconte gauchement l'histoire d'un directeur de programmation télé devenu réalisateur de films d'avant-garde. L'accueil sera modeste en 1971. DeLillo n'aime pas trop son propre livre où il ne s'est aperçu qu'à la moitié de la rédaction qu'il était probablement un écrivain. Le livre est suivi l'année suivante par End Zone, une comédie noire mêlant football collégial et guerre nucléaire. Un an plus loin, il lance Great Jones Street, une satire sur le rock'n roll que DeLillo, avec le temps, aurait souhaité plus drôle.
En 1975, Don épouse Barbara Bennett, ancienne banquière devenue designer paysager.
En 1976, DeLillo lance son livre le plus étoffé avec Ratner's Star,  récit construit autour du Alice in Wonderland de Lewis Carroll et de Alice Through the Looking Glass du même homme. Le livre est favorablement comparé à du Thomas Pynchon et raconte l'histoire d'un génie en maths de 14 ans, dans une histoire picaresque, qui joint un consortium international de scientifiques tentant de décoder un message extra-terrestre. Ce sera le roman favori de DeLillo de toute son oeuvre. Et le plus difficile à écrire. Ceci expliquant probablement cela.
Il fait suivre par deux nouvelles beaucoup plus courtes, Players en 1977, qui raconte un jeune couple de yuppie dont le mari commence à frayer avec une cellule terroriste; puis par Running Dog, en 1978, un thriller narrant les aventures de gens, recherchant frénétiquement un morceau de film, montrant Hitler dans des prouesses sexuelles. Il gagne en 1978 une bourse Guggenheim qui l'envoie au Moyen-Orient et en Grèce, où il pondra ses 2 prochains romans: Amazons, une horreur racontant la fictive vie de la première femme jouant dans la Ligue Nationale de Hockey et The Names, un complexe thriller mettant en lumière les découverte d'un analyste de risque et des assassins moyen-orientaux.

DeLillo ne réalise pas encore complètement qu'il pourrait être défini par son oeuvre. C'est trois ans plus tard, en 1985, qu'il le comprend. White Noise, chronique nucléo dévastatrice à saveur toxique de la banlieue, le place comme un écrivain important, suscitant l'admiration des David Foster Wallace, Martin Amis, Jonathan Lethem, Jonathan Franzen, Dave Eggers, Zadie Smith et Richard Powers. DeLillo se mérite le National Book Award for Fiction pour ce livre qui sera le premier que je découvrirai.

En 1988, il écrit Libra, une fiction sur la vie présumée de Lee Harvey Oswald et par défaut sur l'assassinat de JFK. Ses suppositions ne feront pas l'unanimité. Inspiré par la fatwa imposée contre l'auteur Salman Rushdie, et par l'intrusion de la presse dans la vie privée de J.D. Salinger, DeLillo lance Mao II, une critique du terrorisme et des médias. Thomas Pynchon et John Banville saluent publiquement ce livre. Son livre sera finaliste pour le Pen/Faulkner Award et un prix Pultizer.

DeLillo prendra plusieurs années avant de réécrire en forme de roman. Il publie deux courtes nouvelles, et lance en 1997, un chef d'oeuvre: Underworld.  Une brique de 800 pages située dans le contexte de la guerre froide. DeLillo restera toujours étonné que l'on s'intéresse à ce livre "trop long et avec plus de 100 personnages, pourquoi ça intéresserait tant de gens?" . C'est le second DeLillo que je découvre quand un ami me le lègue en cadeau. Bien que souvent bien accueilli, l'oeuvre de DeLillo ne sera jamais aussi bonne par la suite.

Redécouvrant la beauté de courts romans de Camus, Handke et Frisch il lance le court The Body Artist, assez mal accueilli. Deux ans plus tard, en 2003, Cosmopolis est encore plus mal reçu puisqu'on attendait de lui une injuste réflexion post-septembre-2001, Cronenberg en fera quand même un film noir en 2012.

DeLillo commet l'irréparable et s'ajuste aux attentes du public en publiant Falling Man en 2007, sur les attaques du 11 septembre 2001. Raté. En 2009, il publie Midnight in Dostoevsky, une courte nouvelle dans le New Yorker. En 2007, il avait aussi publié Still Life sous le même format. Nouvelle qui annonçait Falling Man.

Le quinzième roman de DeLillo sera Point Omega, une archi courte nouvelle (117 pages), inutilement compliquée, structurée en haïku et philosophico-guimauve.

L'an dernier, il publie son dernier roman, Zero K, l'histoire d'un milliardaire, tentant de devenir immortel, lorsqu'insipiré par la maladie terminale de sa femme, tel que narrée par le fils de ceux-ci. DeLillo tentant de faire du DeLillo.

En 1979, 1986, 1999, 2006 et 2007, DeLillo écrit pour le théâtre et est joué. Des adaptations pour Libra et Mao II ont aussi été écrites mais jamais montées. Son théâtre croise Beckett et Pinter dans le style, ce qu'il ne trouve pas, lui-même.

J'ai mis Libra et Mao II sur ma liste de suggestions cadeaux pour Noël 2017.

Don DeLillo aura demain 81 ans.