vendredi 20 avril 2018

Missions Accomplies

Il est plus que normal de douter de la gestion générale et de l'attitude infantile de l'actuel président des États-Unis.

Il serait aussi maintenant normal de douter de la force mentale de l'ancien patron du FBI, James Comey.

Limogé par ce même président.

Enfant ayant beaucoup déménagé, il a été, malgré (surtout en raison de?) sa très grande taille, beaucoup intimidé. Il en a souffert.
C'est con, ça ne m'a pas surpris du tout. Le peu de fois qu'on l'a vu auprès de Donald Trump, j'avais l'impression d'y voir un grand fragile, intimidé par un mangeur d'homme. Les deux hommes viennent d'éducation 100% différentes. Comey a eu une vie modeste où il a marché suivant les pas de Dieu. Donald n'écoute que l'enfant en lui. L'enfant gâté, pourri qu'il a été.

Comey est en tournée de promotion afin de mousser la sortie de son autobiographie lancée cette semaine.

On l'a entendu dire que selon lui, Trump n'est pas mentalement inadéquat, mais plutôt moralement inadéquat.

Il s'agit d'une phrase absolument vide de sens.

Moralement inadéquat?

La morale de qui? Dieu? Vous savez ce qu'elle commande la morale de Dieu? :LA FOLIE!
La religion est le germe de la folie. Et le pieux James Comey serait gardien de cette morale? Il juge Donald moralement inadéquat. Oui, il est inadéquat. Mais la morale n'a rien à y voir.

Le contraste entre le longiligne Comey et le rondouillard Trump ne pouvait pas être plus clair. De purs antagonistes. Le bully rencontrait l'intimidé. Et lui demandait de lui jurer fidélité et de l'obéir au doigt et à l'oeil. Ce que Comey a refusé de promettre. Comey a fait des discours, plus jeune, où il parlait de réservoirs, se remplissant peu à peu des eaux de l'expérience, du talent et du potentiel, à coup de gros efforts. Trump patauge sans gêne dans les marais, négocie son prochain, sur des promesses plus ou moins solides, et ne se prive pas de mettre le feu au marais si l'impulsion lui en prend soudainement. Il aime la bouette.

Quand Comey conseillait les jeunes avocats, dans une ancienne vie, il leur parlait d'un réservoir de confiance et de réputations à ne jamais détruire, Trump de son côté divorçait des femmes, fuyait ses propres casinos en faillite, laissant des sans-emploi derrière, des investisseurs impayés et des banques qui lui couraient après.

Comey parle du FBI comme de l'une des entreprises les plus respectées au pays selon bien des sondages. Trump paie 25 millions afin de taire les poursuites contre la catastrophique université qu'il avait lancé. Et des centaines de milles pour taire mesdames qui ont fait de la couchette avec le toupet.

La philosophie de Comey est d'équilibrer confiance et humilité, des qualités qu'il a vues auprès de deux autres présidents sous lesquels il a travaillé: George W. Bush et Barack Obama. Trump dit pour sa part que "...pour avoir du succès, si quelqu'un te frappe, tu dois le frapper 5 fois plus fort, plus fort qu'il n'ait jamais imaginé..."

Dur de trouver plus différent l'un de l'autre. Il était normal que jamais, ces deux-là, ne se seraient ni entendu, ni compris.

Quand Donald Trump, l'intimidateur, a limogé James Comey, c'était simplement mission accomplie pour le bully.

La semaine dernière, Donald Trump a parlé de mission accomplie en faisant référence aux bombardements des États-Unis sur la Syrie en représailles à la récente attaque chimique perpétrée par le régime(ou les alliés) de Bachar Al-Assad.

Plus possible de croire ce qu'il raconte. Pas plus possible de croire ce que raconte les Russes, les Turcs ou les Iraniens sur le sujet.

Ari Flescher, ancien porte parole de George W.Bush, a dit du tweet (tribune indigne de la profession de président) de DJT se terminant par "mission accomplie", que sa recommandation aurait été de ne pas terminer le tweet sur ces deux mots.

Donny, 5 ans, a aussitôt répliqué sur Twitter que Le raid syrien a été si bien orchestré , avec tant de précision que la seule manière que les "fake news medias" ont trouvé pour le ridiculiser a été de critiquer mon utilisation du terme "mission accomplie". Je savais qu'il dirait cela, mais c'est tellement un splendide terme militaire qu'on devrait l'utiliser beaucoup plus souvent!


 5 fois plus fort, plus fort qu'il n'ait jamais imaginé.
C'est de matière à inquiéter la terre entière. Voilà un président, accusé d'avoir utilisé un terme que George W.Bush avait lui-même utilisé pour parler de la fin de combats majeurs dans le cadre de la guerre d'Irak en 2003, mais qui a plutôt donné naissance à l'État Islamique; voilà un homme dis-je,  qui souhaite qu'on le dise plus souvent, qui promet de le réutiliser et qui dira mission accomplie maintenant et toujours.

Pour n'importe quoi.

La seule mission qui sera accomplie avec satisfaction sera celle qui débarrassera ce pays, de plus en plus pauvre d'esprit, de cet imposteur dans le rôle qu'il tient en ce moment.

Si Trump avait l'intention de descendre dans les marais afin de se parodier lui-même à ce point, d'en devenir une créature inintelligible et de sortir la tête de la bouette pour en cracher de la terre cuite, c'est tout à fait mission accomplie.

Fucking accomplie. Que retiendrons les générations futures de cette bête?

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